Participer à INRA 2014 - Priorités scientifiques en agronomie et agriculture - recherche alimentation biologie et environnement
La mise en débat des projets d’orientations de l’INRA, sur ce site participatif, a fait l’objet d’une grande mobilisation (10 000 internautes du monde entier, près de 220 contributions, 37 « cahiers d’acteur »). Les faits marquants de cette consultation, reflétant les lignes forces des contributions apportées sur le blog ainsi que par les partenaires réunis en ateliers, sont résumées dans la note jointe.
Ce que nous retenons de cette consultation :
- un intérêt marqué pour les futures orientations proposées pour l’INRA. La volonté de développer des approches intégratives sur les champs de l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, est confortée.
-
des suggestions dont certaines ont été prises en compte dans l’expression des priorités du document d’orientation, avec, pour n’en citer que quelques unes :
- l’affirmation du rôle central des acteurs dans les démarches de recherche,
- l’acuité du contexte socio-économique des systèmes de production,
- le développement de systèmes alimentaires sains mais également durables,
- le rappel d’un couplage indispensable entre expérimentation, observation et modélisation.
Cette consultation conduit, plus généralement, à un enrichissement des réflexions de l’INRA sur tous les champs de ses missions.
Ayant fait l’objet, en parallèle, de discussions dans chacun des centres, entre la direction et les agents de l’INRA, et après avis du conseil scientifique et du comité technique paritaire, les orientations 2010-2020 ont été adoptées, le 18 juin, par le Conseil d’administration.
Dans sa rédaction finale, le document d’orientation sera rendu public en septembre 2010.
Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui nous ont apporté leur point de vue, utile à l’INRA, pour relever les défis alimentaires, agricoles et environnementaux. > Synthèses des contributions INRA 2014
// Contributions
Fil des commentaires de cet article
Par Marie // mardi 16 mars 2010 // 17:44
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche
Bonjour,
Je consomme de préfèrence des produits biologiques, et ce depuis les années 80. Je vis au plus près de mes convctions écologiques.
Cette prise de conscience, je l'ai faite grâce à Mr René Dumont, non pas grâce à Nicolas Hulot.....
René dumont soutenait en particulier :
le contrôle démographique ;
les économies d'énergie ;
la coopération internationale envers les pays en voie de développement ;
la protection et la remédiation des sols.
Que des temps perdu et de destructions!
Les idées simples , les solutions naturelles, peu couteuses existent ...
Aidons les> à se développer.
Les collectivités locales, jardiniers, agriculteurs utilisent publiquement les produits naturels peu préoccupants et le revendiquent.
Ecoutez-nous, préoccupez-vous vraiment de nos aspirations et de notre santé. Merci pour nous, et pour les générations devant nous!
Réponse :La présente consultation procède précisément de notre volonté d'écouter, et de se préoccuper de, l'ensemble de la société puisque, en tant qu'organise public de recherche, c'est pour l'ensemble de la société que nous travaillons dans le cadre des missions et des domaines qui sont les nôtres (alimentation, agriculture et environnement, et à leurs interfaces). M'autoriserez-vous néanmoins à une remarque, voire un conseil ? Celui de la prudence face à des idées a priori de bon sens et simples. Ainsi, oui sans nul doute aux économies d'énergie et à des systèmes de production plus économes en énergies (fossiles). Mais préconiser le contrôle démographique ne comporte t'il pas aussi des risques et ne pose t-il pas des problèmes éthiques, si ce n'est moraux, au-delà de la première difficulté qui est sa mise en oeuvre de façon coordonnée à l'échelle internationale ?
Bien cordialement
Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA
Par Anonyme // mardi 16 mars 2010 // 22:30
Acteur / partenaire agricole
je suis agriculteur il est curieux de constater que mon métier n'est même pas prevu dans les contributeurs.
On nous parle beaucoup des pollutions agricoles, je n'ai pas encore vu beaucoup d'étude sérieuse et scientifique sur le sujet nous permettant de tirer des conclusions.
la plupart des questions posées par le monde agricole paraissent simples : diminutions des produits phytos, biocarburants, elevage intensif,excés de nitrates etc ..mais sont difficiles à résoudre si on veut continuer à manger à notre faim. Il est amusant de constater que certaines élites pensent que la société va changer l'agriculture. Nous les paysans nous savons que ce qui gouverne l'agriculture c'est la nature et elle n'est pas toujours de notre coté, l'homme n'y fait pas grand chose. Je ne suis pas vendeur d'engrais ni de produit phytos mais rappelons que si nous ne consacrons que quelque % de notre budget à la nourriture c'est grace à eux. Les produits phytos sont pour l'instant un mal nécessaire mais c'est à vous de nous trouver des solutions pour les éliminer ou au moins de ne les utiliser que ponctuellement.
Réponse :L'Inra développe déjà des recherches sur le métier d'agriculteur (il serait plus exact de parler de métiers au pluriel), son évolution (leur évolution) dans un contexte de diminution continue de la population agricole et de diversité des modèles de développement des territoires, etc. : je vous invite à consulter les sites web des deux départements de recherche SAD (http://www.inra.fr/sciences_action_developpement/ et SAE2 (http://www.inra.fr/esr/ ) pour plus de d'informations sur ces recherches.
Les questions qui se posent sont peut-être simples ; y répondre est nettement plus difficile car exige, outre des recherches fondamentales en amont et des recherches spécifiques sur les mécanismes, les verrous, etc., des recherches pluridisciplinaires, intégrées et systémiques, et une action coordonnée de la chaine complète recherche - développement - formation et conseil - acteurs. Via les priorités ici soumises à consultation, notre ambition est de définir les recherches à mettre en œuvre pour relever les défis que vous mentionnez : réduire les pollutions d'origine agricole tout en assurant un revenu décent aux producteurs, mieux valoriser les services des écosystèmes et ce faisant les protéger, diminuer les usages de produits phytosanitaires tout en maintenant les performances techniques et économiques des exploitations, etc.
Bien cordialement
Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA
Par Fabien Lloyd // mercredi 17 mars 2010 // 10:50
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche
Mettre un terme à cette aberration partiellement responsable de l'état actuel de nos sols et de nos rivières et qui veut que les aspirants agriculteurs en lycées agricoles ne soient pas formés à la biologie et à la chimie des sols, mais plutôt aux dosages de pesticides industriels.
Réponse :Votre jugement est au moins un peu trop définitif, pour ne pas dire caricatural. Néanmoins, je partage votre opinion si celle-ci signifie que les pratiques et systèmes agricoles (et forestiers) doivent conjuguer performances économiques et environnementales (cf. priorité 1), mieux valoriser les services écosystèmes des milieux et ce faisant, mieux les protéger (cf. priorité 2), etc. Tout cela exige un effort de l'ensemble de la chaine recherche – développement – conseil – acteurs, et en premier lieu de la formation.
Bien cordialement
Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA
Par BB // jeudi 18 mars 2010 // 09:46
Agent / Représentant d’une collectivité territoriale française
Accentuer la recherche dans le domaine de l'agriculture biologique autour des thèmes 1,2,5,7. Beaucoup d'affirmations contradictoires sont émises à propos de la Bio sans que des recherches suffisantes puissent les étayer où le démentir; ce ne sont pas les grands groupes de l'agrobusines qui vont subventionner ces recherches, ce sont donc aux pouvoirs publics à amener la connaissance en la matière et donc à la financer, sachant que nombre d'entre elles pourront être utiles à l'ensemble de l'agriculture, tant sur le plan agronomique que sur celui du rapport agriculture-territoire, du lien producteur-consommateur ou des méthodologies d'approche globale des systèmes, par exemple.
Réponse :Depuis plus de dix ans maintenant, l'Inra développe un programme de recherche spécifique consacré à l'agriculture biologique. Je vous invite à consulter les résultats et enseignements de la deuxième tranche de ce programme (https://www.inra.fr/ciag/revue_innovations_agronomiques/volume_4_janvier_2009 ). Chaque tranche dure aux alentours de 4 à 5 ans, et nous sommes actuellement à la troisième tranche (les projets de recherche viennent d'être sélectionnés). Par ailleurs, nous participons, en collaboration avec le ministère en charge de l'agriculture, à un réseau européen ayant aussi pour objectif de promouvoir et de développer les recherches sur l'agriculture biologique (http://www.coreorganic.org/ ).
Bien cordialement
Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA
Par BB // jeudi 18 mars 2010 // 10:04
Agent / Représentant d’une collectivité territoriale française
J'ai consulté les commentaires; c'est très intéressant mais je n'arrive pas à ouvrir les pièces jointes...?
Par agriculteur et écolo // jeudi 18 mars 2010 // 21:10
Acteur / partenaire agricole
il me semble qu'en axant les recherches sur les performances des exploitations agricoles, les sujets tels que environnement, climat, sécurité alimentaire sont largement décortiqués et peuvent être solutionnés. En tant qu'agriculteur, je considère que ces trois enjeux sont aujourd'hui indissociables des résultats techniques et économiques de ma ferme. Mais ces critères d'efficacité globale nous sont aujourd'hui imposés et peu de moyens nous sont apportés pour résoudre le dilemne : gagner de l'argent et avoir une pratique écologique et sociale équilibrée.
Réponse :Votre commentaire n'appelle pas, je crois, de réponse spécifique dans la mesure où le constat est partagé et les priorités de recherche ici soumises à consultation sont précisément définies dans la perspective de répondre, pour ce qui est de la recherche, aux défis de la conjugaison des performances économiques, sociales et environnementales de l'agriculture et de la forêt, dit autrement de leur développement durable.
Bien cordialement
Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA
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Performances économiques, sociales et environnementales de l'agriculture
Risques environnementaux et services écosystémiques (eau, biodiversité…)
Transitions alimentaires
Carbone renouvelable pour la chimie et l'énergie
Agriculture et changement climatique
Capacités de prédiction en biologie et écologie
Sécurité alimentaire mondiale
Par jérôme // lundi 15 mars 2010 // 21:08
Acteur / partenaire agricole
bonjour je suis agriculteur en conversion bio .
je trouve qu'il y a très peu d'innovation dans ce domaine : agriculture bio sans fertilisant extérieur (la forêt se passe très bien de fumier ou de compost) .
aujourd'hui l'agriculture bio rime avec "binage labourage "
je pense qu'il y a d'autres alternatives possibles : cultures associées ; couvert permanent du sol avec légumineuse.
le résultat serait plus écologique
Réponse :Depuis plus de dix ans maintenant, l'Inra développe un programme de recherche spécifique consacré à l'agriculture biologique. Je vous invite à consulter les résultats et enseignements de la deuxième tranche de ce programme (https://www.inra.fr/ciag/revue_innovations_agronomiques/volume_4_janvier_2009 ). Chaque tranche dure aux alentours de 4 à 5 ans, et nous sommes actuellement à la troisième tranche (les projets de recherche viennent d'être sélectionnés).
Bien cordialement
Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA