Adapter l'agriculture au changement climatique et réduire l'effet de serre - puits énergétique et biodiversité

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

Contexte et défis

L’agriculture contribue pour environ 14% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). En tenant compte des changements d’affectation des terres, y compris la déforestation, le pourcentage est d’environ 33% (source GIEC http://www.ipcc.ch/). Les émissions comptabilisées recouvrent, d’une part, les émissions de protoxyde d’azote liées aux apports d’engrais azotées et aux effluents d’élevage, et, d’autre part, les émissions de méthane liées à la fermentation entérique, aux effluents d’élevage et à la riziculture. L’agriculture et la forêt jouent en outre un rôle important dans les variations des stocks de carbone dans les sols et la biomasse aérienne. Entre 1990 et 2005, les émissions françaises de GES d’origine agricole ont diminué de 11% et... > Changement climatique et agriculture

// Contributions

Fil des commentaires de cet article

n°1
Par Paysan87 // vendredi 29 janvier 2010 // 09:28
Acteur / partenaire agricole

EN tant qu'agriculteur qui voit ses revenus baisser (je ne me paye plus depuis plusieurs mois), c'est clair que la réflexion sur l'adaptation de l'agriculture au changemnt climatique, en plus d'autres choses, va amener toujours plus de fermetures d'exploitation dans les années qui vont venir. Changer nos modes de culture, c'est augmenter nos coût de production et cela va amener de plus grande difficultés encore. Moi je suis d'accord pour changer les choses, mais pas au moment ou tout va mal; ou alors avec unplan qui nous permette de sortir de la crise d'abord.

Réponse :La priorité scientifique 1 a pour vocation de conjuguer les performances économiques, sociales et environnementales des exploitations agricoles et de contribuer ainsi à apporter des réponses aux difficultés économiques qui affectent votre exploitation. La recherche sur l’adaptation au changement climatique se situe sur un pas de temps plus long. Aucun bouleversement des systèmes de production n’est envisagé, mais plutôt une boîte à outils qui permettra de s’adapter progressivement à l’évolution du climat et de sa variabilité.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°2
Par Anonyme // lundi 01 février 2010 // 10:58
Autre

vous n'envisagez pas la première des solutions : diminuer les pollutions dues aux modes de production productivistes et aux transports des produits agricoles sur de plus en plus longues distances.
Les rots des vaches me gênent moins que les pets des camions ou des avions...

donc :

quand allez vous mettre enfin comme priorité de recherche de travailler pour la relocalisation et pour la désindustrialisation/désintensification de l'agriculture ? ça en ferait des tonnes de carbone jetées dans les airs en moins....

ce qui au passage creérait des emplois à la terre un peu partout dans le monde, ici aussi, et améliorerait la sécurité et l'autonomie alimentaire locale (la solution n'étant pas de compter encore sur les transports longue distance et leur pollution)

regardez un peu ce qui se passe à Haiti quand le port est détruit et que la nourriture ne peut plus arriver... ça saute aux yeux que la priorité des priorités est l'agriculture nourricière locale., au plus pres des populations.

Réponse :La priorité 5 comprend un volet ‘atténuation des émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture et de la forêt’. Les thèmes que vous mentionnez sur les émissions de méthane des troupeaux, sur les émissions liées aux transports… font bien partie de cette priorité. Les circuits courts de distribution sont également pertinents lorsque l’on s’intéresse à l’empreinte carbone des produits agricoles, ce qui fait également partie de cette priorité scientifique.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°3
Par Matthieu Calame // mercredi 17 février 2010 // 09:42
Membre / Représentant d’une organisation non gouvernementale

Cette priorité de recherche me semble stratégique. Je pense notamment que dans les quarante dernières années nous avons massivement destocké de la matière organique du sol en mettant en place une agriculture très minéralisatrice et que les choses ne vont pas s'arranger avec un réchauffement climatique. Peut-on suggérer toutefois un lien plus fort avec les modes d'alimentation ? Personnellement je suis fermement convaincu que l'agroforesterie est une voie d'avenir absolue. Si au lieu de produire du saccharose (à base de betterave) nous privilégions une filière fructose (à base de fruits), si nous nourrissions nos animaux d'élevage à partir e fruits d'arbres (gland/chataîgne) plutôt que de céréales. Si nous privilégions l'huile de noix et d'olive sur l'huile de colza ou de tournesol, je pense que l'effet en terme de bilan carbone serait considérable. Cela tombe bien l'INRA n'est pas si mal placée que cela en terme d'agroforesterie et il existe désormais un petit mouvement international qui ne demande qu'à prendre son essors. Pour rejoindre Paysan87, ce programme doit également se donner une "ambition politique" car une telle mutation ne peut être faite que par la société dans son ensemble et ce ne sont pas les agriculteurs seuls qui auront les moyens économiques de la transition.

Réponse :Merci pour votre intérêt pour cette priorité. L’INRA développe effectivement des recherches à la fois sur l’agro-foresterie et sur le stockage de carbone dans les sols. Le lien avec les modes d’alimentation est également étudié dans le cadre d’une étude commune réalisée avec le CIRAD : ‘Alimentation durable’.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°4
Par Citoyen gastronome // dimanche 28 février 2010 // 12:23
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Identification plus complète de ce qui fait la valeur d'une production agricole sur une territoire donné : le fameux "terroir".
Cette "valeur", partiellement reconnue par le marché, est faite de micro-substances, déchets, oligo-éléments, résidus, traces, ... qui font le goût unique d'une production locale.
C'est cette spécificité qui est en danger d'une part à cause de l'industrialisation des productions, méthodes et intrants (engrais, pesticides, fongicides) et d'autre part à cause du réchauffement climatique. Les zones de meilleurs culture vont se déplacer (le vin va bientôt revenir en Angleterre !).
L'INRA peut contribuer à retrouver la valeur des terroirs initiaux, mais 200 km plus au Nord.

Réponse :L’enjeu des terroirs ne nous a pas échappé. L’adaptation des terroirs et des territoires dans un contexte de changement climatique fait bien partie de la priorité scientifique 5.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°5
Par Pierre ROBERT // mercredi 03 mars 2010 // 11:20
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Les mesures découlent de la logique:
- diminuer les émissions de CO2 par exemple par l'utilisation de tracteurs électriques, réhabilitation de l'utilisation de chevaux pour différentes tâches
- diminuer les autres émissions en incitant les consommateurs à manger moins de viande

Réponse :Le bilan de gaz à effet de serre d’une exploitation agricole intègre d’autres postes que ceux que vous mentionnez. Par exemple, les émissions de protoxyde d’azote à partir des sols, le stockage ou la perte de carbone organique des sols etc… Les recherches de la priorité 5 seront organisées pour apporter un bilan aussi complet que possible de l’ensemble des émissions et absorptions de gaz à effet de serre. Ce bilan peut d’ailleurs être exprimé en équivalents CO2, ce qui facilite sa compréhension. Les mesures que l’on peut envisager de prendre doivent donc être analysées sur la base d’une analyse aussi complète que possible du rôle des activités agricoles pour le climat.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°6
Par agnes // dimanche 07 mars 2010 // 19:20
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

un coup il ne faut pas manger de viande,
un coup les animaux sont indispensables au maintien de systèmes agricoles autonomes et à l'agriculture tout court dans les zones de montagne
une petite mise au point s'impose pour le grand public ? de la viande mais moins, payée plus cher à des producteurs qui ne les élèvent pas en batterie ?

pas des tracteurs électriques et fonctionnant au nucléaire mais moins de travail du sol et de transport ?

Réponse :Les interactions entre agriculture et environnement sont nombreuses et complexes. Mieux les comprendre nécessite d’intégrer les recherches au carrefour entre plusieurs disciplines et plusieurs objets. L’information du grand public passe par de nombreux canaux, dont ce blog fait partie. L’INRA s’investit dans une mission de communication des résultats de la recherche (vous en trouverez de nombreux exemples sur notre site www.inra.fr). Par ailleurs, les expertises collectives, les prospectives et les études que nous réalisons ont pour vocation d’apporter des synthèses sur des questions complexes.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°7
Par alicia // mardi 09 mars 2010 // 12:11
Autre

J'ai 3 enfants et je travaille avec mon mari sur l'exploitation. A l'heure actuelle, nous nous posons des questions sur notre avenir. Celui qui produit va demander de l'aide aux restos du coeur. Contradictoire, vous ne trouvez pas ?
Oui, nous désirons tout de même que nos enfants puissent manger un steack comme auparavant. Sachez qu'ils vont chez le médecin juste pour un contrôle annuel.
N'oubliez pas également que l'Europe a été crée après guerre pour des raisons que vous connaissez tous, que la PAC s'est instauré pour produire, que les excédents commerciaus favorisent notre balance commercial, qu'il est de notre devoir d'égalité alimentaire tracée pour tous, que nous soyons pauvres ou riches, qu'il nous est interdit d'accepter que les restos du coeur existent.
Ne faites pas l'erreur du secteur du textile.....
Comment une entreprise peut évoluer économiquement dans le brouillard ? Eclaircissez le et ensuite nous pourrons adapter nos pratiques.

Réponse :La priorité scientifique 1 a pour vocation de conjuguer les performances économiques, sociales et environnementales des exploitations agricoles et de contribuer ainsi à apporter des réponses aux difficultés économiques qui affectent votre exploitation. La recherche sur l’adaptation au changement climatique se situe sur un pas de temps plus long. Aucun bouleversement des systèmes de production n’est envisagé, mais plutôt une boîte à outils qui permettra de s’adapter progressivement à l’évolution du climat et de sa variabilité.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

<>     12

// Ajouter une contribution // Conditions d'utilisation

L'envoi de contribution est désormais clos.
Merci de votre participation.

Fil des commentaires de cet article

Conditions d'utilisation // INRA 2010
Mentions légales