Conséquence de l'agriculture sur la biodiversité, le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre - ecotoxicologie et pollution chimique

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Contexte et défis

Les services écosystémiques sont l’ensemble des bénéfices obtenus par l’homme à partir des écosystèmes qu’il occupe pour subsister et assurer sa qualité de vie. Ces services sont surtout de deux natures : fourniture (de produits agricoles et forestiers, d’eau, etc…) et régulation (de la qualité de l’eau, de la stabilité et de la qualité des sols, des gaz à effet de serre, des épidémies et des invasions biologiques, remédiation des pollutions…). Ils ont pour caractéristiques d’être dynamiques et d’être en interaction synergique ou antagoniste les uns avec les autres. Ces services dépendent directement de la structure (biodiversité, paysage…), de la dynamique (spatiale et temporelle) et du fonctionnement (productivité primaire, biologie des sols, …) des écosystèmes... > Risques environnementaux et services écosystémiques

// Contributions

Fil des commentaires de cet article

n°1
Par Berry Céline // vendredi 29 janvier 2010 // 10:17
Agent / Représentant d’une collectivité territoriale française

Félicitations pour cet outil de partage.
Sur la thématique 2, il me semble que la question de la résilience écologique devrait être plus amplement abordée. Quelle est la capacité d'un écosystème d'un habitat à retrouver un fonctionnement et un développement normal après avoir subi une perturbation écologique important ? les applications sur de nombreux territoire aux équilibres écologiques rompus ne manquent pas.
La question des sols urbains souvent très dégradés : quelle remédiation pour récupération du potentiel de service écosystémique rendu en milieu urbain (régulation, puits carbone, équilibre écologique en tant que support du végétal etc...)
Autre sujet , l'agriculture biologique : comment aider au retour des capacités d'un sol à produire en biologique?
Certes la connaissance des différents services écologiques au sens production est un sujet majeur mais en ne négligeant pas le volet "réparation" porteur d'espoir.

Réponse :Merci, pour cette suggestion. Le volet remédiation fait déjà l’objet de travaux de l’INRA, en particulier sur la thématique des sols pollués, y compris pour des friches industrielles. La remédiation fait bien partie de notre priorité même si le mot n’a pas été utilisé. Il renvoie à une dimension ingéniérie, qu’il nous faut effectivement renforcer.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°2
Par costo // samedi 30 janvier 2010 // 20:57
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Oui, en effet. Bravo pour la démarche de consultation via ce type de support ! Enfin oserai-je dire ! pour faire écho au commentaire précédent sur la remediation, j'attends beaucoup de ce que la science peut apporter. Pourtant, en France, on a vraiment l'impression qu'on a baissé les bras sur le sujet. Pourquoi ? Les américains sont trop en avance ? ou bien les OGM à des fins de remediation sont-ils aussi mal vus en Europe ?

Réponse :Merci pour votre intérêt pour ce processus de consultation. On peut indiquer que l’utilisation d’espèces et de ressources génétiques adaptées à la remédiation offre déjà beaucoup de possibilités, sans qu’il soit nécessaire de recourir à des OGM.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°3
Par Anonyme // jeudi 04 février 2010 // 14:50
Membre de la communauté scientifique (nationale ou internationale) hors INRA

Il manque à ces thèmes de recherche la dimension éthique, à savoir la question de la "justice environnementale": pourquoi certains quartiers, certains territoires certaines régions, sont-ils plus vulnérables aux risques environnementaux que d'autres? Comment assurer que les quartiers les plus défavorisés ne seront pas de plus sujets aux risques environnementaux les plus grands? Que l'injustice environnementale ne s'ajoutera pas à l'injustice sociale ou économique? Pensons à ce qui vient d'arriver en Haïti. Cette dimension exige de sortir des laboratoires d'analyse et de dialoguer avec les acteurs, qu'il s'agisse des citoyens ou des décideurs publics, et de soulever publiquement le thème de l'équité en matière de risques environnementaux.

Réponse :Effectivement, la fiche présentée n’abordait pas cette question de l’équité face aux risques environnementaux. Je rappelle que l’INRA n’a pas pour vocation à travailler sur les questions socio-économiques urbaines. En ce qui concerne le monde rural, la question de l’équité face aux risques et à la dégradation de l’environnement se pose plus particulièrement dans les pays en développement les plus pauvres. Des sociologues travaillent à l’INRA sur plusieurs approches pour cerner ces questions, par exemple sur la notion de « capabilité » qui a fait l’objet des travaux pionniers du prix Nobel d’Economie Amartya Sen.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°4
Par Matthieu Calame // mercredi 17 février 2010 // 08:47
Membre / Représentant d’une organisation non gouvernementale

Je trouve ce thème de recherche tout à fait remarquable. j'aurais une seule réserve (ou proposition) c'est la question de la commensurabilité - ou plutôt d'ailleurs l'incommensurabilité - des différents catégories envisagées et leur lien par ailleurs avec la sphère économique et la monnaie (l'étalon flottant par excellence qui assure la commensurabilité des biens et services d'une manière de plus en plus inefficiente). La thématique est abordée a priori par le point "savoir comment, et selon quelle hiérarchie, maximiser ces services écosystémique", mais il faut insister sur le fait que cette question n'est absolument pas triviale. Je ne suis pas du tout sûr que l'on puisse répondre à cette question en parvenant à établir des équivalences entre pureté de l'eau, niveau de biodiversité, fertilité des sols, etc... Certes des équivalences seraient pratiques et nous ramèneraient à une espace de gestion à une dimension (sans doute monétaire). Mais il y a fort à parier que cela soit quasiment impossible comme l'avait déjà abordé Schumacher dans '"Small is Beautifull" en pointant le caractère incommensurable de l'énergie, du travail humain, des matériaux bruts, etc... Nous sommes donc sans doute condamnés à penser nos outils de gestion sous forme vectorielle (un espace à 2, 3... 10 dimensions: carbone ? joule ? degré d'organisation ? ). je pense que c'est actuellement la démarche engagée dite "d'écologie industrielle et territoriale" même si le chemin semble encore extrêmement long vers un système général d'échange ayant intégré ces dimensions. Courage, je suivrai avec intérêt vos travaux.

Réponse :Merci pour votre intérêt et pour ces encouragements. Vous avez tout à fait raison de pointer la question à caractère théorique de la ‘commensurabilité’ entre les services des écosystèmes. Malgré la difficulté du sujet, il a fait quelques progrès au cours de ces dernières années. Il ne s’agit sans doute pas de réduire uniquement les services écosystémiques à une dimension monétaire, bien que cette voie mérite d’être explorée. Il faut aussi apprendre à arbitrer entre ces différents services, ce qui suppose de mieux les connaître.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°5
Par JC DEVEZE // mardi 23 février 2010 // 11:36
Autre

Il est préféable de commencer par maximiser.

n°6
Par Goodman63 // mardi 23 février 2010 // 18:11
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Une des mesures les plus simples, et les plus efficaces à court terme, pour améliorer le bilan environnemental de l'agriculture, serait d'inciter à une réduction de la consommation de viande. Même si c'est hors sujet ici ce type de mesure serait aussi d'un intérêt certain sur le plan sanitaire.

Or dans un organisme comme l'INRA le poids des "recherches animales", lié pour beaucoup à l'histoire de l'organisme, n'est-il pas exagéré en regard des recherches sur les productions végétales, l'alimentation et l'environnement ?

Réponse :La question des transitions alimentaires fait l’objet de la priorité scientifique 3, qui aborde effectivement les modes de consommation alimentaire et, en particulier, la part de la consommation de viande. Par ailleurs, la question de l’atténuation des gaz à effet de serre et du changement climatique fait l’objet de la priorité scientifique 5. Les aspects de santé animale constituent une dimension importante, qu’il est intéressant de lier aux conditions d’élevage mais aussi pour certaines maladies à vecteurs à la structure et à la biodiversité des agro-écosystèmes.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°7
Par simple citoyen // lundi 01 mars 2010 // 15:12
Autre

Plutôt que d'essayer de prédire le seuil d'irreversibilité des conséquences dûes à des pratiques manifestement délétères, ne serait-il pas urgentissime d'inverser la vapeur et d'inciter l'état à une grande réforme agraire, dans laquelle les millards d'€ de subventions destinées aux industriels de l'agro-pétro-chimie, seraient investis sur la création de millions d'emplois agricoles, artisannaux, culturels, éducatifs, de santé, d'aide à la personne, de recherches...
Commencer par exercer un contrôle anti spéculatif sur les terres, collectiviser les grands déserts agricoles subventionnés, restaurer les milieux, relocaliser les économies, recreer de vrais corridors écologiques en démontant les ouvrages destinés à toujours plus de transports et d'artificialisation, remettre la science et les machines au service de l'homme, et non l'homme au service des indices boursiers et autres abherrations du systhème dictatorial mondialisé !

Réponse :La question que vous posez dépasse manifestement le thème abordé par cette priorité scientifique. Je vous renvoie plutôt pour informer votre réflexion aux priorités scientifiques 1 et 7, qui abordent la dimension sociale des activités agricoles.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°8
Par Pierre ROBERT // mercredi 03 mars 2010 // 11:03
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Large sujet sur lequel je fais les commentaires succint suivants:
- commencer par faire appliquer la réglementation (exemple des pénalités payées par la France à l'Europe pour non respect sur les nitrates. Cet argent ne serait-il pas mieux employé à aider les agriculteurs à moins polluer ?)
- donner plus de moyens au Conservatoire du Littoral pour acquérir des terrains qui seront sauvés d'une destinée inacceptable
- règler la question des fôrets privées totalement inexploitées et à l'abandon
- racheter des terres pour leur donner une vocation agricole bio
- taxer très fortement (voire interdire pour certains) les pesticides et autres herbicides, y compris pour le grand public

Réponse :L’application de la règlementation et les mesures de politique publique que vous suggérez relèvent surtout de l’action de l’état et des collectivités territoriales. En revanche, l’INRA est conscient de l’importance des outils qui permettent d’éclairer la décision publique. La récente création par l’INRA d’une délégation (DEPE) à l’expertise, la prospective et les études nous permettra de mieux répondre aux demandes exprimées dans ce domaine par nos tutelles, par nos partenaires et par la société civile.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°9
Par cyrille // dimanche 07 mars 2010 // 19:06
Acteur / partenaire agricole

Oui ce serait bien de pouvoir récompenser des agriculteurs qui vont dans le bon sens mais il faut aussi taxer les pratiques les plus polluantes d'abord et avant de passer 10 ans à évaluer le bénéfice du pastoralisme, du non emploi des pesticides ... le temps presse et la biodiversité ne pourra pas attendre le résultat de nos calculs ...

Réponse :Je vous renvoie à l’étude "Ecophyto R&D"
(http://www.inra.fr/l_institut/etudes/ecophyto_r_d/ecophyto_r_d_resultats ) coordonnée par l’INRA qui a abordé les stratégies disponibles pour diminuer fortement l’utilisation des phytosanitaires au plan national. Elle témoigne de la volonté de l’INRA de conduire avec ses partenaires des études sur ce sujet des pollutions diffuses issues des activités agricoles. La priorité scientifique 2 reprend cette thématique, sous l’angle des risques pour l’environnement des activités agricoles. La priorité 1 permettra de mieux définir les modalités d’une agriculture conciliant les dimensions économiques, sociales et environnementales du développement durable.

Cordialement

Jean-François Soussana
Directeur scientifique Environnement, INRA

n°10
Par jacky // samedi 13 mars 2010 // 16:33
Agent / Représentant d’une collectivité territoriale française

La priorité n°2 me semble la priorité la plus importante pour le futur, car seule son étude et la mise en place des moyens nécessaires qui en résulteront, permettront peut être de résoudre le problème majeur des générations à venir, afin de protéger l'environnement indispensable à la vie sur Terre.

n°11
Par Manu // samedi 13 mars 2010 // 18:55
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

A quand une vraie envie de faire venir les agriculteurs ( les vrais ) à l'agriculture biologique et arrêter une bonne fois pour toute de nous empoisonner avec vos pesticides et autre OGM .. plantes mutées et j'en passe.
Dire amen aux grands groupes, dont on sait très bien qu'ils n'ont qu'une idée en tête à savoir breveter un maximum tout ce qui bouge, est indigne .... à vous de voir et de dire de quel côté vous souhaitez œuvrer.

n°12
Par INRA_2014 // lundi 22 mars 2010 // 18:25
Personnel / scientifique de l’INRA

A l’occasion du salon international de l’agriculture 2010, l’INRA a organisé une rencontre avec ses partenaires et prolongé la réflexion sur ses priorités scientifiques. Découvrez les vidéos et les synthèses des ateliers sur http://www.inra2014.fr/salon-international-agriculture.php .

n°13
Par Terre d'Abeilles // jeudi 08 avril 2010 // 23:00
Membre / Représentant d’une organisation non gouvernementale

TERRE D’ABEILLES (ONG) réaffirme que :

• L’agriculture ne doit pas continuer à se développer au détriment de l’apiculture et de l’environnement.

• L’agriculture doit pouvoir garantir la quantité et la qualité des produits de consommation, assurer à l’homme et l’animal une plus grande sécurité sanitaire tout au long de la chaîne alimentaire.

• L’agriculture doit réorienter durablement son développement, dans le respect, aussi, des générations futures.

C’est pourquoi Terre d’Abeilles préconise à l’INRA, dans le cadre de cette priorité scientifique :

• D’orienter son programme de recherche en toute indépendance, en faveur d’une agriculture durable, respectueuse de la santé humaine et animale et de l’environnement. La sécurité alimentaire, sanitaire et environnementale devant être sa priorité, au détriment de toute autre considération.

• De développer des programmes ambitieux et pertinents visant à inverser la tendance et éviter l’usage de la technologie agro-chimique - contraire à toute notion d’agriculture durable, en faveur :
- De l’agriculture biologique
- De méthodes de culture alternatives, rotation des cultures, privilégiant la lutte intégrée, la chimie verte, etc…
- Du développement de cultures mieux adaptées à nos territoires, moins consommatrices d’eau, d’intrants, etc…

- Et de la réintégration des abeilles en tant qu’auxiliaires naturels et irremplaçables des cultures…

Ce, dans l’intérêt économique des agriculteurs (impact des abeilles sur l’économie agricole : > 30% du CA. Pollinisation = augmentation des rendements et amélioration de la qualité de bon nombre de productions : fruits – légumes – oléagineux – protéagineux…), et en faveur de la restauration de la biodiversité.

La recherche visant à se passer des abeilles ou autres insectes pollinisateurs (ex : auto-fécondation du colza) ou à les éloigner (ex : plantes répulsives) s’avérant obsolète.

Terre d’Abeilles met également en garde contre la recherche superflue et susceptible de ralentir les prises de décision, qui alimente parfois son fond de commerce… (Exemples : Etudier l’impact des pollinisateurs sur la biodiversité ou les causes de la mortalité des abeilles, déjà identifiées – Rechercher des « médicaments » visant à permettre aux abeilles de résister aux effets pervers des pesticides…)

En pièce-jointe : l’ensemble des préconisations de Terre d’Abeilles

Nous saluons l’initiative d’ouverture de l’INRA et proposons à Mme Marion GUILLOU et M. Jean François SOUSSANA d’envisager conjointement une rencontre avec les représentants de l’INRA et des apidologues et scientifiques spécialistes de l’abeille, afin de pouvoir présenter plus concrètement nos propositions.

Béatrice Robrolle-Mary,
Présidente de TERRE D’ABEILLES
Asso. loi 1901 déclarée d’intérêt général
Actrice du Grenelle de l’Environnement et auteure du dossier, co-signé par la Fondation Nicolas Hulot : « Stopper le déclin de l’entomofaune pollinisatrice et mettre en œuvre un plan de relance de l’apiculture » www.sauvonslesabeilles.com

INRA-TERRE-D-ABEILLES-08-04-10_4bbe43d3d74c1.pdf

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