Conséquence évolution alimentation et organisme génétiquement modifié - malnutrition et transition alimentaire
Contexte et défis
Les populations de la planète, dans les pays développés comme dans les pays émergents, sont soumises à des évolutions de leurs alimentations sans précédent. Ces bouleversements, communément appelés transitions alimentaires, regroupent les changements de consommation, et leurs conséquences sur la santé et la qualité de vie. Celles-ci sont d’autant plus marquées que les mutations sont rapides, profondes et s’accompagnent de changements dans les modes de vie et les conditions sanitaires. Les causes intimes et les conséquences de ces transitions sont imparfaitement connues et leurs liens avec la santé (causalité et mécanismes) non encore élucidés. La complexité des systèmes alimentaires... > Transitions alimentaires
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Fil des commentaires de cet article
Par Anonyme // lundi 01 février 2010 // 17:29
Acteur / partenaire agricole
L'agriculture biologique n'apparaît pas clairement dans vos propositions. ce n'est plus simplement une mode de quelquesuns mais une demande des consommateurs. Seulement, les scientifiques ne semblent pas mener beaucoup de recherches sur les bienfaits (vrais ou faux) de l'alimentation bio, ce qui contribue à provoquer des prix fous et à réduire le bio à des positions idéologiques, sans information objectives. En +,les défenseurs du bio vont au-delà des questions de produits, c'est souvent pour eux de mode de vie et de consommation (manger moins de viande...). POurquoi ne pas prévoir un volet sur ce qui est + qu'un phénomène dans cette priorité.
Réponse :L'agriculture biologique en tant que mode de production spécifique suivant un cahier des charges précis fait partie intégrante des systèmes et pratiques de production considérés dans la priorité 1, tout comme l'étude des comportements de consommation de produits issus de l'agriculture biologique fait partie de la priorité 3.
Depuis plus de dix ans maintenant, l’INRA développe un programme de recherche spécifiquement dédié à l'agriculture biologique. Nous en sommes à la troisième tranche du programme, les résultats de la deuxième tranche sont disponibles à l'adresse suivante (https://www.inra.fr/ciag/revue_innovations_agronomiques/volume_4_janvier_2009 ).
Cordialement
Catherine Esnouf
Directrice scientifique adjointe Alimentation, INRA
Par BP // mercredi 03 février 2010 // 14:43
Personnel / scientifique de l’INRA
La priorité N° 2 doit inclure la diminution de l'utilisation des pesticides afin de préserver la biodiversité et la santé humaine. Pour cela, il faut développer des moyens alternatifs de protection des plantes. La lutte biologique, notamment à l'aide d'organismes entomophages, doit faire l'objet de ce développement.
Pourtant, ces moyens de lutte sont de moins en moins étudiés à l'INRA. Y a-t-il un double langage ?
Il faut recréer de toute urgence une unité de recherche en lutte biologique à l'aide d'entomophages !
Réponse :La diminution de l’usage des pesticides, tant pour des questions environnementales que de santé humaine, est traitée dans la priorité 1, au niveau des systèmes de production. C’est dans cette même priorité que sont naturellement considérés les moyens alternatifs de protection des plantes, incluant la lutte biologique.
Cordialement
Catherine Esnouf
Directrice scientifique adjointe Alimentation, INRA
Par Alexandre U // vendredi 12 février 2010 // 21:30
Agent / Représentant des pouvoirs publics (ministères, agences…)
Les nanobiotechnologies vont-elles trouver des applications en matière alimentaire ? Le cas échéant, peuvent-elles avoir une influence sur les questions de surnutrition, de malnutrition ou de sous-nutrition ?
Réponse :Il n’est pas exclu que des nanotechnologies puissent apporter un bienfait dans la biodisponibilité de nutriments et donc de préservation de la santé. Toutefois, si la recherche se doit de maîtriser les connaissances dans ce domaine, le transfert vers des applications ne peut s’envisager qu’avec une connaissance des éventuels risques associés, ce qui s’intègre dans la notion de bénéfices/risques.
Cordialement
Catherine Esnouf
Directrice scientifique adjointe Alimentation, INRA
Par JB Clément // mardi 16 février 2010 // 15:01
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche
L'INRA participera-t-il au développement des nanobiotechs pour le profit à court terme, le monopole sur les semences et/ou la surveillance des citoyens, sans en évaluer les risques alimentaires, sanitaires, écologiques ou pour les libertés individuelles ?
Réponse :L’INRA ne participe pas aux trois actions et/ou objectifs que vous mentionnez dans la première partie de votre contribution.
De façon plus générale, en ce qui concerne l’évaluation des risques liés aux nouveaux développements des sciences du vivant et notamment à l’essor des biotechnologies, l’évaluation éthique tient une place majeure. L’INRA a adopté une attitude active vis-à-vis des questions éthiques, en les appréhendant le plus en amont possible dans la construction des projets de recherche. Il y a déjà plus de dix ans, l’INRA s’est doté d’un comité d’éthique, dont les avis sont rendus publics (http://www.inra.fr/l_institut/organisation/l_ethique/comite_d_ethique ).
Cordialement
Catherine Esnouf
Directrice scientifique adjointe Alimentation, INRA
Par Matthieu Calame // mercredi 17 février 2010 // 09:04
Membre / Représentant d’une organisation non gouvernementale
Je trouve qu'il existe pour cette priorité une rupture entre l'introduction "contexte et défis" et les questions de recherche proposée. Dans les défis on note "on voit bien l'enjeu considérable que représente l'alimentation de la population à l'échelle de la planète". Face à ce défi, les questions de recherche proposées ressemblent plutôt à un inventaire à la Prévert plutôt orienté d'ailleurs vers le comportement de consommation des européens. Le projet de connaissance du métagénome intestinal - placé en regard des enjeux évoqués plus haut - m'a laissé sans voix. On voit mal en quoi la connaissance de l'ensemble de l'ADN des micro-organismes présents dans l'intestin d'un quadragénaire francilien fera avancé le Schmilblick du défi alimentaire mondial. N'y a-t-il pas lieu de bien distinguer une problématique - certes légitimes - autour de l'alimentation dans les pays vieux et industrialisés et une autre autour des pays émergents ? Les deux problématiques liées ensembles ne donne pas le meilleur effet.
Réponse :C’est la priorité 7 qui prend en compte le défi de la sécurité alimentaire mondiale. Par ailleurs, on ne doit pas sous-estimer le poids des problématiques de santé liées à la nutrition des populations des pays du sud comme celles du Nord.
Cordialement
Catherine Esnouf
Directrice scientifique adjointe Alimentation, INRA
Par Prof. Catherine Bennetau - Pelissero // mardi 23 février 2010 // 11:33
Membre de la communauté scientifique (nationale ou internationale) hors INRA
Dans les transitions alimentaires devraient figurer un volet portant sur les compléments alimentaires ou sur les extraits de plantes ou animaux utilisés comme ingrédient dans des aliments à valeur santé.
Qu’on le veuille ou non ce secteur se développe en France avec une croissance constante depuis plusieurs années de l’ordre de 20% par an.
Les emplois générés sont loin d’être négligeables.
Des messages publicitaires abondants circulent sur les principaux médias (télévision, radio, journaux, Internet …)
Dans ce domaine les frontières n’existent pas et un consommateur peut se fournir hors France ou même hors Europe sans forcément toutes les garanties de qualité que nous serions en droit d’exiger dans notre pays.
Les répercussions en terme de santé publique peuvent être notables par une mauvaise utilisation de ces produits ayant par la suite des conséquences sur notre système de santé mutualisé.
Il semble donc que pour éviter le recours à des produits mal contrôlés, l’Europe et la France devraient labelliser des produits de haute qualité.
La réglementation dans ce domaine évolue en France et en Europe vers plus de rigueur dans la détermination des effets santé.
Un recours des industriels du secteur à la recherche dans le domaine de la nutrition-santé devrait s’accroître dans les années qui viennent.
Pour ce faire les professionnels s’organisent.
Plusieurs axes sont à étudier :
1°) L’évolution du comportement des consommateurs vis-à-vis des compléments alimentaires et des « alicaments » contenant des principes actifs extraits de plantes au sens large ou d’animaux ainsi que ses déterminants.
2°) Le suivi épidémiologique de l’utilisation de ces produits et de leurs conséquences sur la santé.
3°) L’identification des principes actifs (combinaison de techniques analytiques chimiques et biologiques… screening).
4°) La standardisation des extraits commercialisés ce qui passe par une standardisation des matières premières (les conditions culturales, la sélection génétique des plantes (plantes, fruits, légumes), l’élevage des animaux (leur sélection et leur nutrition notamment), la formulation (assemblage, études des interactions entre extraits), les contrôles de qualité (analyses classiques et métabolomiques)…)
5°) La preuve d’efficacité des extraits (études in vitro des mécanismes d’action impliqués, études chez l’animal modèle, étude clinique parfaitement mise en œuvre selon des critères fiabilisés (marqueurs d’exposition et d’efficacité)).
6°) La variabilité interindividuelle des réponses en terme d’effet santé (biodisponibilité, effet de la flore intestinale, association à des probiotiques, ethno-pharmacologie, interactions alimentaires…)
7°) L’industrialisation des procédés et l’innovation pour accompagner les mutations nécessaires du secteur industriel dans ce domaine.
Dans un contexte agroalimentaire globalisé, la France a un rôle très important à jouer en se tournant résolument vers une production de qualité exportable vers d’autres pays. Sa science et ses compétences protégées au niveau international pourrait si nous nous en donnons les moyens faire demain la différence dans ces domaines face à la concurrence des autres pays producteurs plutôt axés sur le quantitatif. Les connaissances acquises sur les plantes ou les animaux pourvoyeurs d’extraits pourront également être utilisées dans d’autres domaines plus classiques de l’alimentation.
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Sécurité alimentaire mondiale
Par Anonyme // jeudi 28 janvier 2010 // 16:55
Acteur / partenaire industriel
Dans la partie de votre note consacrée à la connaissance approfondie des rapports nutrition-santé, vous parlez de "Participer, coordonner et, le cas échéant, mettre en place des études longitudinales portant sur des cohortes en
intégrant une caractérisation biologique, socio-économique et environnementale afin d’avoir les moyens d’une approche globale." N'est-ce pas déjà ce que vous faites avec NutriNet Santé (www.etude-nutrinet-sante.fr), à laquelle vous êtes associé ? Si c'est différent, est-ce le volet "environnemental" qui constitue une plus-value ? Le cas échéant, comment se ferait concrètement cette prise en compte ? Etudier la provenance et les process de culture/élevage/transformation des aliments consommés par les gens? Sur une base déclarative ? En nommant les marques des produits ? En tous cas, bravo pour cette initiative !!!
Réponse :La cohorte Nutrinet fait partie intégrante de cette priorité, puisque, lancée il y a quelques mois, elle n’a pas encore pleinement atteint ses objectifs de recrutement et que de nombreux mois seront ensuite nécessaires pour exploiter ses résultats. On entend par environnement les conditions de vie du mangeur et non pas l’environnement au sens large. Cette dimension, beaucoup plus complexe, n’est pas encore prise en compte.
Cordialement
Catherine Esnouf
Directrice scientifique adjointe Alimentation, INRA