Rechercher les cohérences systémiques et territoriales pour la sécurité alimentaire mondiale

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

Contexte et défis

Le monde fait face à au moins quatre défis qu’il serait dangereux de hiérarchiser et de considérer isolément. Au défi alimentaire et agricole (satisfaire les besoins alimentaires quantitatifs et qualitatifs d’une population mondiale en croissance et répondre à des demandes non alimentaires dans le cadre de systèmes agricoles durables), se superposent un défi énergétique lié à la raréfaction progressive des énergies fossiles et à la généralisation plus que difficile des modes de consommations énergétiques des pays développés, un défi environnemental lié à la dégradation des ressources naturelles sol, eau et air, à la perte de biodiversité et au réchauffement climatique, et un défi social lié aux inégalités de niveaux de vie et de développement. Dans ce contexte global, on attend des agricultures mondiales qu’elles... > Sécurité alimentaire mondiale

// Contributions

Fil des commentaires de cet article

n°1
Par Virton emmanuel // jeudi 28 janvier 2010 // 12:38
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Votre démarche en communication est remarquable. Quelle ouverture!
Pour le reste bon courage, cette diffusion ne peut que vous motiver à réussir et les citoyens à vous soutenir.

n°2
Par Anonyme // samedi 30 janvier 2010 // 12:42
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

"j'ai la faiblesse bien humaine de manger tous les jours (obligation que
je partage avec tous les êtres vivants)

j'aimerai comprendre
pourquoi la sécurité alimentaire semble n'arriver qu'en dernière
priorité
pourquoi l'autonomie alimentaire des populations, seule façon d'assurer
leur sécurité alimentaire n'est-elle pas un préalable (le "marché" et le
productivisme ont largement fait la preuve de leur échec maintenant, la
cause est entendue) ?

Autre question, les paysans représentent la moitié des habitants de
cette terre et sont parmi les plus pauvres et les premières victimes de
la faim (et du marché international et du productivisme).

Quelle place, quel avenir leur envisagez vous ? Nourrir leurs
concitoyens ou mendier dans les bidonvilles ? Cela me semble une
question a expliciter d'urgence, puisqu'au préalable leur disparition
avait été allègrement annoncée, passant entre autre par pertes et
profits que ces paysans sont détenteurs (au delà du problème humain)
d'un savoir agro écologique et d'une biodiversité inestimables....

Et cela évitera de s'étonner ensuite des conséquences de ces propres
préconisations.

Dit autrement, allez vous enfin prendre à bras le corps la réparation
urgente des dégâts de décennies de productivisme que les travaux de
votre Institution ont largement accompagné et légitimé ?
Je tiens à souligner d'autant le mérite de ceux, parmi vous, qui ont
résisté à l'idéologie productiviste durant ces décennies.

Ensuite seulement, il sera opportun de s'interroger sur le comment."

Réponse :Merci pour votre contribution

Les sept priorités sont d'importance égale et le fait d'attribuer le numéro 7 à la priorité relative à la sécurité alimentaire (entre autres thématiques) ne signifie en rien qu'elle est la dernière. Il fallait bien commencer par une priorité… et finir par une autre.

La sécurité alimentaire est une notion complexe qui, pour ne prendre que les deux points extrêmes, se décline et s'analyse différemment quand il s'agit d'un individu (ménage) versus d'un pays. Il en est de même de 'l'autonomie alimentaire des populations' qui est d'abord, du moins dans les conditions actuelles, une question d'accès à la nourriture en quantité et en qualité. Ce qui ne signifie pas que pour nourrir les 9 milliards d'habitants que comptera la planète en 2050, il ne faudra pas accroître la production agricole mondiale. L'exercice de prospective Agrimonde menée par l’Inra et le Cirad aborde ces questions, et vous pourrez trouver les fruits de cette réflexion en consultant la note de synthèse de cette prospective, ainsi que son résumé de quelques pages, disponibles en libre accès à l'adresse suivante (http://www.inra.fr/l_institut/prospective/agrimonde ). Il faudra augmenter la production alimentaire, et en même temps répondre aux défis énergétique, environnemental et social (inégale répartition des richesses). C'est bien dans cet esprit, de prise en compte de la question de la sécurité alimentaire mondiale dans ses différentes dimensions et en relation avec les autres défis planétaires, qu'est conçue la priorité 7.

Pour ce qui est des paysans, vous avez raison, ils sont souvent parmi les premières victimes de la faim. Plus généralement, ce sont les ruraux qui sont, paradoxalement à première vue, les premières victimes de la faim (du moins en nombre) même si les émeutes de la faim sont, pour l'essentiel, un phénomène urbain. Dans le cadre des recherches menées à l'Inra, nous développons des travaux visant à décrire et comprendre l'économie et la sociologie des mondes paysans et ruraux en France et dans l'Union européenne ; d'autres instituts de recherche de par le monde et diverses organisations, institutionnelles et non gouvernementales, font de même dans les pays en développement.

Affichez qu'il est prioritaire de conjuguer les performances économiques, sociales et environnementales de l'agriculture (priorité 1) ou de s'attaquer à la question de la sécurité alimentaire mondiale (priorité 7) ne signifie pas que nous n'avions pas, avant aujourd'hui, aucune recherche sur ces questions ! Certes, vous pourrez juger que nous avions (avons) insuffisamment investi la question et c'est dans cet esprit que nous avons lancé la présente consultation. Permettez-moi néanmoins de refuser l'idée selon laquelle l'institut n'aurait pas, depuis longtemps, investi des questions relatives, par exemple, aux relations agriculture - environnement ou alimentation - santé. Néanmoins, les efforts faits dans ces deux domaines méritent sans nul doute un plus fort développement, et tout autant si ce n’est plus une plus grande cohérence.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°3
Par xxx // samedi 30 janvier 2010 // 15:16
Personnel / scientifique de l’INRA

Vous posez bien les problèmes, en vous inspirant largement d'une propsective déjà produite (agrimonde) mais en admettant qu'un schéma d'équilibre mondial soit trouvé sur un plan théorique, comment le mettre en oeuvre ? On connaît les difficultés de l'ONU à imposer des schémas de régulation mondiaux via la FAO... Par quel voie trouver une gouvernance mondiale sur les rpports agriculture-alimentation-environnement ?

Réponse :La question de la 'bonne' gouvernance mondiale est une notion subjective qui suppose que vous ayez en amont un consensus (une règle) pour décider ce qui est bon (et par suite, de ce qui ne l'est pas), et ensuite dépend essentiellement des 'bonnes' volontés politiques pour la mise en œuvre. Dans ce contexte, la recherche, notamment dans le domaine des Sciences Humaines et Sociales (SHS), a un rôle à jouer en fournissant une analyse scientifique (i.e., rigoureuse, étayée et argumentée) des effets de formes alternatives de gouvernance. C'est dans cet esprit que les chercheurs de l'Inra analysent, par exemple, différents scénarios d'évolution de la Politique agricole commune (PAC) dans ses différents effets, y compris sur les pays tiers, y compris environnementaux, etc. De même pour, par exemple, l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Sur cette base, i.e., sur la base de ces travaux analytiques et compréhensifs, ils (les chercheurs) peuvent alors proposer des solutions dites normatives (i.e., des recommandations politiques et/ou stratégiques) permettant de s'attaquer à tel ou tel problème en en mesurant, aussi bien que l'état de l'art scientifique le permet, les conséquences dans toutes leurs dimensions, positives et négatives. Sans se substituer aux politiques, nous espérons ainsi éclairer, et oserai-je ajouter guider, les actions de ces derniers.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°4
Par Anonyme // dimanche 31 janvier 2010 // 15:28
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

je ne vous demande pas de jouer le rôle que devraient jouer les gouvernants de ce monde qui dictent les actions possibles de la FAO, mais quels choix vous comptez faire, vous, INRA, en tant que recherche publique :
allez vous mettre enfin vos recherches au service des besoins des paysans du monde (et de ceux qu'ils nourrissent), du peuple en quelque sorte, ou des intérêts de ceux qui ont "profité" au sens strict, depuis des décennies, de la dérive productiviste de l'agriculture : trust de l'agro chimie, du machinisme, de la grande distribution,.. et qui sont grandement responsables de la pollution des eaux et du sol, de la déforestation, de la perte de biodiversite etc... et de l'impact climatique reproché à l'agtriculture.
Et ne parlons pas de la mal bouffe et de son cortège des joliment nommées "maladies de civilisation"
Et ne parlons pas de la ruée sur les terres des plus pauvres pour produire les agro carburants
et ne parlons pas de la dangereuse dégradation des sols
et ne parlons pas de l'univers concentrationnaire de l'élevage industriel que vous avez largement promu et qui est une des grandes honte de notre siècle
etc. etc.

Réponse :Institut public de recherche financé par le contribuable français, l'Inra travaille pour l'ensemble de la société française dans les domaines de ses missions, i.e., l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (et aux interfaces entre ces trois domaines). Vous êtes bien sûr libre de vos propos, mais il serait je crois bien abusif, voire erroné, de croire et laisser croire que nos recherches sont au service exclusif de « ceux qui ont profité de la dérive productiviste de l'agriculture » (pour reprendre votre expression).

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°5
Par Fred // lundi 01 février 2010 // 04:39
Acteur / partenaire agricole

La 7ème priorité semble "en retrait" par rapport aux autres, qui sont plus ambitieuses et plus en rupture avec les années passées...
Par exemple, à quoi bon analyser les conséquences de la "globalisation" sur les économies locales...Elles sont connues, et bien souvent désastreuses (Cf contribution sur le revenu des agriculteurs). Pourquoi ne pas renforcer la prospective sur les conséquences du retour au local et au protectionnisme, une orientation qui me paraît plus en phase avec les priorités 1 à 6...

Réponse :Je ne suis pas certain de bien comprendre pourquoi vous dites que la priorité 7 est en retrait relativement aux autres. Disposer de modélisations emboitées, allant du global au local, intégrant des scénarios d’évolution du climat tous comme les diverses politiques publiques ou l’attitude des acteurs face aux risques, est, je peux vous l’assurer, tout…sauf simple et immédiat.

La globalisation (pour reprendre votre expression) n'est certes pas qu'heureuse. Affirmer que ces conséquences ne seraient que négatives est néanmoins un peu rapide et relève d'un jugement de valeur, normatif. Une des missions de la recherche publique, et donc de l'Inra, est précisément d'analyser dans ses différents aspects les conséquences de telle ou telle évolution dans un objectif d'éclairage rigoureux, étayé et documenté des acteurs économiques privés, des pouvoirs publics et des citoyens. A chacun ensuite, en fonction de son système personnel de valeurs, de penser / juger / considérer que telle ou telle évolution est heureuse ou au contraire, malheureuse. C'est dans cet esprit que nous développons des recherches sur les effets du retour au local (à nouveau pour reprendre votre expression), retour ai local qui en passant ne doit pas être assimilé à retour au protectionnisme. Pour ce qui est de ce dernier, plusieurs recherches portent aussi sur la protection aux frontières de l'Union européenne (puisqu'en matière de produits agricoles et alimentaires, c'est à cet échelon géographique que « cela se passe ») et sur les effets de scénarios d'évolution de cette protection. En outre, d’un point de vie normatif, un retour au local et/ou au protectionnisme n'aurait pas que des effets positifs (augmentation des prix pour les consommateurs intermédiaires et finaux, risque de 'guerre commerciale' par effets de représailles, etc.) qu’il convient également d’analyser.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°6
Par Anonyme // mardi 02 février 2010 // 08:16
Membre de la communauté scientifique (nationale ou internationale) hors INRA

Que de vert sur cette page, j'aimerai voir la bouzulle dans le meme etat...
voici ma petite analyse du monde:
bientot plus de petrole, l'agriculture moderne nous empoisonne de pesticides, de produits synthetiques et d'OGM, l'agriculture moderne resout un probleme quelle a cree en provoquant une succession de catastrophes ecologique, les paysans pris au piege des normalisations hygienistes, les sols sont rendus de moins en moins fertiles par l'epuisement des sols du au labourage systematique, des millions d'etres vivants sont mis en cages et tortures chaque jour par l'agriculture (je pense a mes amis les vaches et compagnies), nos citoyens stresses en mal de chaleur humaine compensent en mangeant une nourriture trop riche en sucre et en sel.
je sais cela et je ne suis pas ingenieur agronome.
que faire?
quelle agriculture sans petrole, sans poison, sans boucherie, et saine? agriculture naturelle, paysanne, permaculture, agrobiologie, regime vegetarien... les reponses sont la, d'autres ont fait de la recherche experimentale bien avant l'inra.
alors a quand l'enseignement des bases de l'agriculture naturelle (fukuoka)?
a quand un travail en collaboration avec des specialistes de la sante?
a quand la remise en valeur d;une agriculture a petite echelle?
a quand un enseignement plus accessible pour que plus nombreux soit les agriculteurs?

alors oui ca fait plus classe d'aligner des chiffres que de parler de la nature, pourtant moi la nature ca me passionne...
Salutations depuis l'Inde

Réponse :Vos propos sont, du moins selon moi, un peu voire très excessifs. Mais in fine vous posez, dans des termes qui vous sont propres, les mêmes questions, voire la question, que nous posons également : comment assurer la nourriture de plus de 9 milliards de personnes en 2050 dans le cadre de pratiques et de systèmes agricoles plus respectueux de l’environnement, dans la perspective de raréfaction progressive des énergies fossiles et des ressources non renouvelables, tout en permettant aux agriculteurs de vivre correctement sur leurs exploitations. Plusieurs pistes de recherche, au sein de cette priorité 7 comme d’autres, sont des propositions, dans le métier qui est le nôtre, i.e., la recherche, visant à satisfaire cet objectif. Il est plus que probable, si ce n’est certain, qu’il n’y a pas une solution unique et universelle et j’ai la faiblesse de croire que toutes les solutions ne sont pas encore là (pour reprendre votre expression), ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas davantage à apprendre des savoirs profanes et des savoir faire locaux. Plusieurs recherches dites participatives menées à L’Inra associent chercheurs et acteurs, en premier lieu les agriculteurs.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°7
Par Etienne SUPPLISSON // mercredi 10 février 2010 // 22:57
Acteur / partenaire agricole

Il me semble essentiel de sensibiliser et de convaincre les élus locaux et les citoyens sur la nécessité absolue de réduire au maximum la consommation foncière à des fins d'urbanisation et donc d'artificialisation des sols.
L'élaboration actuelle des documents d'urbanisme (SCOT, PLU) sont conçus pour intégrer cette dimension dans la réflexion, mais ce n'est pas suffisant pour garantir que les objectifs seront atteints.
Ces démarches d’élaboration de documents doivent s’accompagner d’actions à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs par l’adhésion des habitants et non pas par la contrainte.
Il devient urgent de montrer combien l'activité agricole participe à la sécurité alimentaire et que les filières locales de production, de transformation, associées à la recherche contribuent à réduire les circuits et les distances de transports.
La périurbanisation nécessite aussi de réfléchir à des aménagements (chemins, panneaux d’explication, ..) pour assurer des conditions de travail aux agriculteurs satisfaisantes et conciliables avec la vie des habitants.
Concrètement, l’INRA pourrait communiquer en cohérence avec les filières sur la contribution qu’elle apporte pour s’inscrire dans le renforcement de certaines filières locales ou dans la création de nouvelles filières locales.
Exemple : variétés adaptées au contexte pédoclimatique, au savoir-faire des producteurs et des transformateurs et aux habitudes alimentaires locales.
(La Limagne peut s’enorgueillir de fournir du pain de qualité à toute l’Auvergne à partir d’une filière locale « De la graine au pain ».
La notion de circuits courts est aujourd’hui galvaudée car elle se restreint dans l’esprit des citoyens à la vente directe par l’agriculteur au consommateur. Cela ne peut concerner qu’un segment restreint de la consommation.
C’est en démontrant que les filières sont organisées localement que les citoyens comprendront l’enjeu de la consommation du foncier pour l’urbanisation, l’artificialisation des sols étant irréversible.

Réponse :La consommation urbaine des sols agricoles est un réel problème en France, et dans plusieurs Etats Membres européens où la terre est rare (le problème est sans doute moins aigu dans les pays en développement). Au-delà de recherches sur les déterminants des prix des terres, les mouvements d’achats et de ventes de terres, les politiques publiques en ce domaine et leurs effets, ou encore l’agriculture périurbaine (1), etc., cette question de consommation par les villes des sols agricoles est essentiellement une question politique. Il y a prise de conscience de l’importance du phénomène, sans traduction en actes concrets et effectifs est sans doute encore trop timide. Nous avons également différentes recherches sur les circuits courts qui, vous avez raison, ne se limitent pas à la vente directe par l’agriculteur au consommateur (la vente par internet peut-être une forme de circuit court). De façon plus générale, comprendre les décisions de localisation / délocalisation des activités de production, de travail, de résidence, fait l’objet de recherches ; notamment au sein de l’UMR CESAER de Dijon (http://www2.dijon.inra.fr/esr/index.htm ).

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

(1) Sur ce sujet, je vous invite à consulter les actes du colloque que nous avons organisé et disponible à l’adresse suivante (http://www.inra.fr/ciag/colloques/agriculture_peri_urbaine )

<>     123

// Ajouter une contribution // Conditions d'utilisation

L'envoi de contribution est désormais clos.
Merci de votre participation.

Fil des commentaires de cet article

Conditions d'utilisation // INRA 2010
Mentions légales