Rechercher les cohérences systémiques et territoriales pour la sécurité alimentaire mondiale

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Contexte et défis

Le monde fait face à au moins quatre défis qu’il serait dangereux de hiérarchiser et de considérer isolément. Au défi alimentaire et agricole (satisfaire les besoins alimentaires quantitatifs et qualitatifs d’une population mondiale en croissance et répondre à des demandes non alimentaires dans le cadre de systèmes agricoles durables), se superposent un défi énergétique lié à la raréfaction progressive des énergies fossiles et à la généralisation plus que difficile des modes de consommations énergétiques des pays développés, un défi environnemental lié à la dégradation des ressources naturelles sol, eau et air, à la perte de biodiversité et au réchauffement climatique, et un défi social lié aux inégalités de niveaux de vie et de développement. Dans ce contexte global, on attend des agricultures mondiales qu’elles... > Sécurité alimentaire mondiale

// Contributions

Fil des commentaires de cet article

n°1
Par Virton emmanuel // jeudi 28 janvier 2010 // 12:38
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Votre démarche en communication est remarquable. Quelle ouverture!
Pour le reste bon courage, cette diffusion ne peut que vous motiver à réussir et les citoyens à vous soutenir.

n°2
Par Anonyme // samedi 30 janvier 2010 // 12:42
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

"j'ai la faiblesse bien humaine de manger tous les jours (obligation que
je partage avec tous les êtres vivants)

j'aimerai comprendre
pourquoi la sécurité alimentaire semble n'arriver qu'en dernière
priorité
pourquoi l'autonomie alimentaire des populations, seule façon d'assurer
leur sécurité alimentaire n'est-elle pas un préalable (le "marché" et le
productivisme ont largement fait la preuve de leur échec maintenant, la
cause est entendue) ?

Autre question, les paysans représentent la moitié des habitants de
cette terre et sont parmi les plus pauvres et les premières victimes de
la faim (et du marché international et du productivisme).

Quelle place, quel avenir leur envisagez vous ? Nourrir leurs
concitoyens ou mendier dans les bidonvilles ? Cela me semble une
question a expliciter d'urgence, puisqu'au préalable leur disparition
avait été allègrement annoncée, passant entre autre par pertes et
profits que ces paysans sont détenteurs (au delà du problème humain)
d'un savoir agro écologique et d'une biodiversité inestimables....

Et cela évitera de s'étonner ensuite des conséquences de ces propres
préconisations.

Dit autrement, allez vous enfin prendre à bras le corps la réparation
urgente des dégâts de décennies de productivisme que les travaux de
votre Institution ont largement accompagné et légitimé ?
Je tiens à souligner d'autant le mérite de ceux, parmi vous, qui ont
résisté à l'idéologie productiviste durant ces décennies.

Ensuite seulement, il sera opportun de s'interroger sur le comment."

Réponse :Merci pour votre contribution

Les sept priorités sont d'importance égale et le fait d'attribuer le numéro 7 à la priorité relative à la sécurité alimentaire (entre autres thématiques) ne signifie en rien qu'elle est la dernière. Il fallait bien commencer par une priorité… et finir par une autre.

La sécurité alimentaire est une notion complexe qui, pour ne prendre que les deux points extrêmes, se décline et s'analyse différemment quand il s'agit d'un individu (ménage) versus d'un pays. Il en est de même de 'l'autonomie alimentaire des populations' qui est d'abord, du moins dans les conditions actuelles, une question d'accès à la nourriture en quantité et en qualité. Ce qui ne signifie pas que pour nourrir les 9 milliards d'habitants que comptera la planète en 2050, il ne faudra pas accroître la production agricole mondiale. L'exercice de prospective Agrimonde menée par l’Inra et le Cirad aborde ces questions, et vous pourrez trouver les fruits de cette réflexion en consultant la note de synthèse de cette prospective, ainsi que son résumé de quelques pages, disponibles en libre accès à l'adresse suivante (http://www.inra.fr/l_institut/prospective/agrimonde ). Il faudra augmenter la production alimentaire, et en même temps répondre aux défis énergétique, environnemental et social (inégale répartition des richesses). C'est bien dans cet esprit, de prise en compte de la question de la sécurité alimentaire mondiale dans ses différentes dimensions et en relation avec les autres défis planétaires, qu'est conçue la priorité 7.

Pour ce qui est des paysans, vous avez raison, ils sont souvent parmi les premières victimes de la faim. Plus généralement, ce sont les ruraux qui sont, paradoxalement à première vue, les premières victimes de la faim (du moins en nombre) même si les émeutes de la faim sont, pour l'essentiel, un phénomène urbain. Dans le cadre des recherches menées à l'Inra, nous développons des travaux visant à décrire et comprendre l'économie et la sociologie des mondes paysans et ruraux en France et dans l'Union européenne ; d'autres instituts de recherche de par le monde et diverses organisations, institutionnelles et non gouvernementales, font de même dans les pays en développement.

Affichez qu'il est prioritaire de conjuguer les performances économiques, sociales et environnementales de l'agriculture (priorité 1) ou de s'attaquer à la question de la sécurité alimentaire mondiale (priorité 7) ne signifie pas que nous n'avions pas, avant aujourd'hui, aucune recherche sur ces questions ! Certes, vous pourrez juger que nous avions (avons) insuffisamment investi la question et c'est dans cet esprit que nous avons lancé la présente consultation. Permettez-moi néanmoins de refuser l'idée selon laquelle l'institut n'aurait pas, depuis longtemps, investi des questions relatives, par exemple, aux relations agriculture - environnement ou alimentation - santé. Néanmoins, les efforts faits dans ces deux domaines méritent sans nul doute un plus fort développement, et tout autant si ce n’est plus une plus grande cohérence.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°3
Par xxx // samedi 30 janvier 2010 // 15:16
Personnel / scientifique de l’INRA

Vous posez bien les problèmes, en vous inspirant largement d'une propsective déjà produite (agrimonde) mais en admettant qu'un schéma d'équilibre mondial soit trouvé sur un plan théorique, comment le mettre en oeuvre ? On connaît les difficultés de l'ONU à imposer des schémas de régulation mondiaux via la FAO... Par quel voie trouver une gouvernance mondiale sur les rpports agriculture-alimentation-environnement ?

Réponse :La question de la 'bonne' gouvernance mondiale est une notion subjective qui suppose que vous ayez en amont un consensus (une règle) pour décider ce qui est bon (et par suite, de ce qui ne l'est pas), et ensuite dépend essentiellement des 'bonnes' volontés politiques pour la mise en œuvre. Dans ce contexte, la recherche, notamment dans le domaine des Sciences Humaines et Sociales (SHS), a un rôle à jouer en fournissant une analyse scientifique (i.e., rigoureuse, étayée et argumentée) des effets de formes alternatives de gouvernance. C'est dans cet esprit que les chercheurs de l'Inra analysent, par exemple, différents scénarios d'évolution de la Politique agricole commune (PAC) dans ses différents effets, y compris sur les pays tiers, y compris environnementaux, etc. De même pour, par exemple, l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Sur cette base, i.e., sur la base de ces travaux analytiques et compréhensifs, ils (les chercheurs) peuvent alors proposer des solutions dites normatives (i.e., des recommandations politiques et/ou stratégiques) permettant de s'attaquer à tel ou tel problème en en mesurant, aussi bien que l'état de l'art scientifique le permet, les conséquences dans toutes leurs dimensions, positives et négatives. Sans se substituer aux politiques, nous espérons ainsi éclairer, et oserai-je ajouter guider, les actions de ces derniers.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°4
Par Anonyme // dimanche 31 janvier 2010 // 15:28
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

je ne vous demande pas de jouer le rôle que devraient jouer les gouvernants de ce monde qui dictent les actions possibles de la FAO, mais quels choix vous comptez faire, vous, INRA, en tant que recherche publique :
allez vous mettre enfin vos recherches au service des besoins des paysans du monde (et de ceux qu'ils nourrissent), du peuple en quelque sorte, ou des intérêts de ceux qui ont "profité" au sens strict, depuis des décennies, de la dérive productiviste de l'agriculture : trust de l'agro chimie, du machinisme, de la grande distribution,.. et qui sont grandement responsables de la pollution des eaux et du sol, de la déforestation, de la perte de biodiversite etc... et de l'impact climatique reproché à l'agtriculture.
Et ne parlons pas de la mal bouffe et de son cortège des joliment nommées "maladies de civilisation"
Et ne parlons pas de la ruée sur les terres des plus pauvres pour produire les agro carburants
et ne parlons pas de la dangereuse dégradation des sols
et ne parlons pas de l'univers concentrationnaire de l'élevage industriel que vous avez largement promu et qui est une des grandes honte de notre siècle
etc. etc.

Réponse :Institut public de recherche financé par le contribuable français, l'Inra travaille pour l'ensemble de la société française dans les domaines de ses missions, i.e., l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (et aux interfaces entre ces trois domaines). Vous êtes bien sûr libre de vos propos, mais il serait je crois bien abusif, voire erroné, de croire et laisser croire que nos recherches sont au service exclusif de « ceux qui ont profité de la dérive productiviste de l'agriculture » (pour reprendre votre expression).

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°5
Par Fred // lundi 01 février 2010 // 04:39
Acteur / partenaire agricole

La 7ème priorité semble "en retrait" par rapport aux autres, qui sont plus ambitieuses et plus en rupture avec les années passées...
Par exemple, à quoi bon analyser les conséquences de la "globalisation" sur les économies locales...Elles sont connues, et bien souvent désastreuses (Cf contribution sur le revenu des agriculteurs). Pourquoi ne pas renforcer la prospective sur les conséquences du retour au local et au protectionnisme, une orientation qui me paraît plus en phase avec les priorités 1 à 6...

Réponse :Je ne suis pas certain de bien comprendre pourquoi vous dites que la priorité 7 est en retrait relativement aux autres. Disposer de modélisations emboitées, allant du global au local, intégrant des scénarios d’évolution du climat tous comme les diverses politiques publiques ou l’attitude des acteurs face aux risques, est, je peux vous l’assurer, tout…sauf simple et immédiat.

La globalisation (pour reprendre votre expression) n'est certes pas qu'heureuse. Affirmer que ces conséquences ne seraient que négatives est néanmoins un peu rapide et relève d'un jugement de valeur, normatif. Une des missions de la recherche publique, et donc de l'Inra, est précisément d'analyser dans ses différents aspects les conséquences de telle ou telle évolution dans un objectif d'éclairage rigoureux, étayé et documenté des acteurs économiques privés, des pouvoirs publics et des citoyens. A chacun ensuite, en fonction de son système personnel de valeurs, de penser / juger / considérer que telle ou telle évolution est heureuse ou au contraire, malheureuse. C'est dans cet esprit que nous développons des recherches sur les effets du retour au local (à nouveau pour reprendre votre expression), retour ai local qui en passant ne doit pas être assimilé à retour au protectionnisme. Pour ce qui est de ce dernier, plusieurs recherches portent aussi sur la protection aux frontières de l'Union européenne (puisqu'en matière de produits agricoles et alimentaires, c'est à cet échelon géographique que « cela se passe ») et sur les effets de scénarios d'évolution de cette protection. En outre, d’un point de vie normatif, un retour au local et/ou au protectionnisme n'aurait pas que des effets positifs (augmentation des prix pour les consommateurs intermédiaires et finaux, risque de 'guerre commerciale' par effets de représailles, etc.) qu’il convient également d’analyser.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°6
Par Anonyme // mardi 02 février 2010 // 08:16
Membre de la communauté scientifique (nationale ou internationale) hors INRA

Que de vert sur cette page, j'aimerai voir la bouzulle dans le meme etat...
voici ma petite analyse du monde:
bientot plus de petrole, l'agriculture moderne nous empoisonne de pesticides, de produits synthetiques et d'OGM, l'agriculture moderne resout un probleme quelle a cree en provoquant une succession de catastrophes ecologique, les paysans pris au piege des normalisations hygienistes, les sols sont rendus de moins en moins fertiles par l'epuisement des sols du au labourage systematique, des millions d'etres vivants sont mis en cages et tortures chaque jour par l'agriculture (je pense a mes amis les vaches et compagnies), nos citoyens stresses en mal de chaleur humaine compensent en mangeant une nourriture trop riche en sucre et en sel.
je sais cela et je ne suis pas ingenieur agronome.
que faire?
quelle agriculture sans petrole, sans poison, sans boucherie, et saine? agriculture naturelle, paysanne, permaculture, agrobiologie, regime vegetarien... les reponses sont la, d'autres ont fait de la recherche experimentale bien avant l'inra.
alors a quand l'enseignement des bases de l'agriculture naturelle (fukuoka)?
a quand un travail en collaboration avec des specialistes de la sante?
a quand la remise en valeur d;une agriculture a petite echelle?
a quand un enseignement plus accessible pour que plus nombreux soit les agriculteurs?

alors oui ca fait plus classe d'aligner des chiffres que de parler de la nature, pourtant moi la nature ca me passionne...
Salutations depuis l'Inde

Réponse :Vos propos sont, du moins selon moi, un peu voire très excessifs. Mais in fine vous posez, dans des termes qui vous sont propres, les mêmes questions, voire la question, que nous posons également : comment assurer la nourriture de plus de 9 milliards de personnes en 2050 dans le cadre de pratiques et de systèmes agricoles plus respectueux de l’environnement, dans la perspective de raréfaction progressive des énergies fossiles et des ressources non renouvelables, tout en permettant aux agriculteurs de vivre correctement sur leurs exploitations. Plusieurs pistes de recherche, au sein de cette priorité 7 comme d’autres, sont des propositions, dans le métier qui est le nôtre, i.e., la recherche, visant à satisfaire cet objectif. Il est plus que probable, si ce n’est certain, qu’il n’y a pas une solution unique et universelle et j’ai la faiblesse de croire que toutes les solutions ne sont pas encore là (pour reprendre votre expression), ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas davantage à apprendre des savoirs profanes et des savoir faire locaux. Plusieurs recherches dites participatives menées à L’Inra associent chercheurs et acteurs, en premier lieu les agriculteurs.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°7
Par Etienne SUPPLISSON // mercredi 10 février 2010 // 22:57
Acteur / partenaire agricole

Il me semble essentiel de sensibiliser et de convaincre les élus locaux et les citoyens sur la nécessité absolue de réduire au maximum la consommation foncière à des fins d'urbanisation et donc d'artificialisation des sols.
L'élaboration actuelle des documents d'urbanisme (SCOT, PLU) sont conçus pour intégrer cette dimension dans la réflexion, mais ce n'est pas suffisant pour garantir que les objectifs seront atteints.
Ces démarches d’élaboration de documents doivent s’accompagner d’actions à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs par l’adhésion des habitants et non pas par la contrainte.
Il devient urgent de montrer combien l'activité agricole participe à la sécurité alimentaire et que les filières locales de production, de transformation, associées à la recherche contribuent à réduire les circuits et les distances de transports.
La périurbanisation nécessite aussi de réfléchir à des aménagements (chemins, panneaux d’explication, ..) pour assurer des conditions de travail aux agriculteurs satisfaisantes et conciliables avec la vie des habitants.
Concrètement, l’INRA pourrait communiquer en cohérence avec les filières sur la contribution qu’elle apporte pour s’inscrire dans le renforcement de certaines filières locales ou dans la création de nouvelles filières locales.
Exemple : variétés adaptées au contexte pédoclimatique, au savoir-faire des producteurs et des transformateurs et aux habitudes alimentaires locales.
(La Limagne peut s’enorgueillir de fournir du pain de qualité à toute l’Auvergne à partir d’une filière locale « De la graine au pain ».
La notion de circuits courts est aujourd’hui galvaudée car elle se restreint dans l’esprit des citoyens à la vente directe par l’agriculteur au consommateur. Cela ne peut concerner qu’un segment restreint de la consommation.
C’est en démontrant que les filières sont organisées localement que les citoyens comprendront l’enjeu de la consommation du foncier pour l’urbanisation, l’artificialisation des sols étant irréversible.

Réponse :La consommation urbaine des sols agricoles est un réel problème en France, et dans plusieurs Etats Membres européens où la terre est rare (le problème est sans doute moins aigu dans les pays en développement). Au-delà de recherches sur les déterminants des prix des terres, les mouvements d’achats et de ventes de terres, les politiques publiques en ce domaine et leurs effets, ou encore l’agriculture périurbaine (1), etc., cette question de consommation par les villes des sols agricoles est essentiellement une question politique. Il y a prise de conscience de l’importance du phénomène, sans traduction en actes concrets et effectifs est sans doute encore trop timide. Nous avons également différentes recherches sur les circuits courts qui, vous avez raison, ne se limitent pas à la vente directe par l’agriculteur au consommateur (la vente par internet peut-être une forme de circuit court). De façon plus générale, comprendre les décisions de localisation / délocalisation des activités de production, de travail, de résidence, fait l’objet de recherches ; notamment au sein de l’UMR CESAER de Dijon (http://www2.dijon.inra.fr/esr/index.htm ).

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

(1) Sur ce sujet, je vous invite à consulter les actes du colloque que nous avons organisé et disponible à l’adresse suivante (http://www.inra.fr/ciag/colloques/agriculture_peri_urbaine )

n°8
Par Anonyme // lundi 15 février 2010 // 17:19
Personnel / scientifique de l’INRA

C'est parfait d'ignorer complètement les conséquences de la mondialisation dont une simple critique irriterait les "autorités" politiques qui ont commandité cette restructuration idéologique de l'INRA(dans la suite du Grenelle de l'Environnement). L'indépendance alimentaire des pays n'est plus une idée dans l'air du temps, les crises à venir pourraient bien remettre le concept à la mode. Quid de la durabilité sociale des systèmes de production et de l'avenir de nos exploitants (notamment de nos éleveurs).....

Réponse :Je ne comprends pas bien votre interpellation ! C’est précisément l’objet de cette priorité 7 que d’inscrire nos recherches (et les vôtres donc) dans ce que vous nommez mondialisation, que pour ma part je préfère appeler globalisation. Et la priorité 1 inclut la durabilité sociale des exploitations, le défi étant précisément de conjuguer performances économiques, sociales et environnementales et pour nous, institut de recherche, de bien définir les recherches qui nous permettront d’apporter notre contribution, i.e., celle de la recherche, à ce défi collectif.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°9
Par Matthieu Calame // mercredi 17 février 2010 // 10:10
Membre / Représentant d’une organisation non gouvernementale

Tout en trouvant le sujet essentiel (c'est fondamentalement le sujet qui structure tous les autres), je souscris à l'esprit des remarques précédentes: on a un peu l'impression que l'INRA est en décalage par rapport aux mutations rapides qui sont en train de se produire au niveau mondial. C'est peut-être l'obsession d'une posture "objective" qui en produisant un ton très distancié crée cette impression déroutante de déconnexion. On voudrait savoir si oui ou non l'INRA pense que le monde peut s'en tirer sans une politique agricole mondiale, s'il va donc travailler à l'outiller, etc... Comme le contenu du programme de recherche exposé me parait vraiment bon, je crois que c'est plutôt une question de "ton". Après tout dans le passé ou sur certains sujets l'INRA n'a pas hésité à être un acteur politique (comme sur la promotion des OGMs en France et en Europe comme le montre bien le livre de Christophe Bonneuil et Frédéric Thomas aux éditions Quae). Or nous ne pouvons ignorer désormais du fait de la crise que l'heure des "dérégulationistes" de l'utopie ultralibérale (le "there is no society !" de Margaret Thatcher) est derrière nous et que nous revenons a une époque plus réaliste (l'homme comme Zoon Politikon pour reprendre la pensée d'Aristote). Donc il y aura régulation mais la question est laquelle ? G20 ? G2 (Chine-USA) ? ONU ? Je ne demande pas à l'INRA de décider mais d'expliciter son cadre d'hypothèse qui n'est pas tout à fait clair. Je pense qu'à partir d'Agrimonde et de l'IAASTD, l'INRA doit afficher son ambition de contribuer à un "GIEC de l'agriculture".

Réponse :D’accord avec l’ambition de travailler à un « GIEC de l’agriculture » (l’Inra à déjà pris des initiatives dans cette perspective). La question de disons la gouvernance mondiale des productions, des échanges et des politiques agricoles est une question fort complexe qu’il convient d’abord d’analyser en termes positifs (compréhension des acteurs et des mécanismes à l’œuvre, et de leurs effets) avant de faire des propositions normatives. Dit autrement, nous nous attachons d’abord à analyser le monde tel qu’il est dans le cadre d’hypothèses et de modélisations qui capturent au mieux les mécanismes et dans ce cadre, nous analysons ensuite les effets, dans leurs différentes dimensions, d’évolutions, que celles-ci résultent de mouvements tendanciels (démographie par exemple), du climat, du progrès technique, ou encore d’évolutions des politiques, etc. Si telle ou telle évolution est considérée comme négative (au minimum pour une majorité d’acteurs), nous analysons ensuite les politiques susceptibles de la corriger, si possible de l’inverser. C’est dans un tel cadre d’analyse qu’il est possible d’étudier différents niveaux de gouvernance tels que ceux que vous énoncez. Mais plus que tel ou tel niveau de gouvernance, ce sont les instruments de mise en œuvre cette gouvernance et pour quels objectifs de gouvernance qu’il convient d’étudier.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°10
Par JC DEVEZE // mardi 23 février 2010 // 11:39
Autre

Seulement les cohérences ? Il y a aussi les dynamiques interactives...

Réponse :Hélas, je ne suis pas certain de bien comprendre le sens de votre remarque. Si vous voulez dire par là que les aspects temporels comptent, je suis d’accord avec vous (au sens où il ne suffit pas d’étudier les états d’équilibre, mais aussi les chemins empruntés vers ces états, i.e., les transitions et les adaptations). Mais je ne comprends pas ce que vous signifiez par dynamiques « interactives » ?

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°11
Par Goodman63 // dimanche 28 février 2010 // 16:05
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Je ne trouve nulle part de positionnement clair des "recherches tropicales" de l'INRA, pourtant implanté dans les DOM (dans ce but ?).

L'INRA devrait y avoir une orientation claire vers des recherches sur les cultures vivrières (de base) et l'élevage, au lieu de donner l'impression de cautionner ce qui est fait par le CIRAD, par exemple, sur des "cultures de type colonial" destinées seulement à l'exportation (la banane d'exportation étant l'exemple ultime : pas de consommation locale, bilan de carbone extraordinairement défavorable, pollution pour plusieurs siècles, etc...).

Un positionnement de l'INRA sur quelques cultures tropicales vivrières, souvent vraies "plantes orphelines", et sur des systèmes d'élevage adaptés, lui donnerait rapidement une reconnaissance internationale dans ces domaines.

Réponse :Je vous invite à consulter le site internet du centre des Antilles-Guyane (http://www.antilles.inra.fr/ ) pour vérifier que les recherches développées ne portent pas exclusivement sur les « cultures de type colonial destinées seulement à l’exportation ». Et attention aux conséquences potentiellement négatives de focaliser l’agriculture d’une île (quelle qu’elle soit) sur les seules productions vivrières.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°12
Par loteber // lundi 01 mars 2010 // 23:58
Membre / Représentant d’une organisation non gouvernementale

Une faille majeure d'Agrimonde 1 est qu'il souligne "la nécessité du développement accéléré des échanges internationaux des produits agricoles et alimentaires au cours des prochaines décennies", une hausse des importations agricoles de 672% par rapport à leur niveau de 2003, plus du double des 314% de hausse pour Agrimonde-GO. Un résultat surprenant car Agrimonde-GO se situe dans un contexte de libre-échange alors qu'Agrimonde 1 confie la régulation des échanges agricoles à l'ONU pour garantir la sécurité alimentaire et promouvoir des stocks internationaux. Si cette anomalie vient en partie de la sous-estimation des hausses de rendement possibles et d'une hausse excessive de la consommation en calories animales des régions déficitaires (ASS, Afrique du Nord-Moyen Orient, Asie), elle est plus sûrement due à l'option libre-échangiste des économistes CIRAD-INRA puisque "trop de protection pourrait entraver la progression nécessaire des importations dans les pays déficitaires", la conclusion étant que "les régions déficitaires auraient intérêt à une conclusion positive du cycle de Doha, sur la base des principales dispositions qui étaient ‘sur la table’ lors de la conférence ministérielle de l’OMC à Genève en juillet 2008". Une conclusion qui témoigne de l'incompréhension totale du contenu du Projet de modalités agricoles de juillet comme de décembre 2008, et de son rejet par les PED comme par la société civile et les organisations paysannes du Nord comme du Sud.

Pourquoi-et-comment-refonder-les-politiques-agricoles-sur-la-souverainete-alimentaire.pdf

Réponse :Bien qu’il ne s’agisse pas d’un commentaire sur les priorités, je réponds volontiers à votre message.
Je vous laisse libre de vos propos mais ne partage pas l’affirmation gratuite et non étayée selon laquelle les économistes de l’Inra et du Cirad seraient (tous en outre ?) des libres échangistes. Vous confondez le résultat de la prospective (il faudra, du moins selon les résultats de la prospective Agrimonde, plus d’échanges agricoles en 2050 pour satisfaire les besoins alimentaires des pays importateurs) avec une position normative, pour ne pas dire politique qui est la votre (et c’est bien sûr votre droit le plus strict). Et dans Agrimonde, ne dit-on pas que les échanges mondiaux agricoles devront impérativement être sécurisés ?

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

PS : j’ai lu avec attention votre contribution écrite attachée à votre post. Certains points sont justes, d’autres nettement plus discutables car vous assimilez, bien abusivement selon moi, corrélation et causalité.

n°13
Par sabine // dimanche 07 mars 2010 // 19:46
Acteur / partenaire agricole

pour moi la question de la sécurité alimentaire, pardonnez ma naïveté, est simple : relocaliser la production, re créer des agricultures vivrières
Comment ? il faut revoir l'accés au foncier ( la terre est trop chere pour ce que l'on y gagne en agricole)
il faut des variétés adaptées pas sélectionneées dans les conditions actuelles dans des conditions non limitantes d'azote, d'eau, de pesticides ... des variétés rustiques donc
il faut ne pas avoir besoin d'une débauche d'intrants, une agriculture biologique type fukuoka me parait bien indiquée : moins de travail du sol , moins de fertilisants , moins de désherbage...
la sécurité alimentaire passe forcément par une agriculture non dépendante des intrants et tout particulièrement pour les pays en voie de développement
l'inra peut il travailler sur l'adaptation de l'agriculture sauvage, de la permaculture à nos conditions ? aux conditions des pays que nous voulons aider avant qu'ils ne migrent en masse chez nous ?
peut-on travailler sur les techniques BRF en valorisant les déchets verts des villes ?

Réponse :En fait, ce n’est pas si simple (et c’est dommage !). Relocaliser la production, outre que cela ne se fera pas spontanément, peut aussi avoir des effets négatifs / contraires. Néanmoins, je partage votre avis sur l’importance première de la question foncière, de l’accès à la terre et du droit foncier comme levier d’ordre un pour diminuer la pauvreté et la sous nutrition à l’échelle du monde (qui touche pour une grande part des paysans et des ruraux). Mais là aussi, ce n’est pas simple car suppose un droit d’ingérence mondiale sur ces questions !

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°14
Par Michelle // mardi 16 mars 2010 // 08:20
Membre / Représentant d’une association de défense de la nature/environnement

bonjour,

Il est énoncé ci-dessus que les agriculteurs doivent produire plus OR une récente étude montre que 25 à 40 % des produits alimentaires achetés sont jetés ( en Angleterre et aux Etats-unis) , le gaspillage est le même partout, de plus dans les pays occidentaux on voit une tendance à l'obésité et au sur-poids devenir inquiétante: produire plus ???
produire MIEUX sûrement, c'est-à-dire en cessant de détruire les sols avec des produits chimiques qui éradiquent la faune et la flore indispensables à la vie des sols et en multipliant les agriculteurs et les variétés cultivées au lieu de contribuer à leur raréfaction .

Réponse :Dans l’esprit de votre message, je vous invite à consulter les résultats de la prospective Agrimonde menée conjointement par l’Inra et le Cirad (http://www.inra.fr/l_institut/prospective/agrimonde ). En pratique, la question de la sécurité alimentaire mondiale doit être analysée en tenant compte simultanément des aspects offre (c’est-à-dire production, y compris les pertes post récolte) et demande (c’est-à-dire consommation, y compris les pertes et gaspillage aux stades de la distribution et de la consommation finale). Et vous avez raison, un levier important qui permettra d’assurer l’alimentation de plus de 9 milliards d’individus à l’horizon 2050 est la réduction de ces pertes et gaspillages aux stades de la distribution et de la consommation finale (au foyer et hors domicile) : à cette fin, des changements de comportement d’offre alimentaire des industries agro-alimentaires et de la distribution et des changements de comportement de demande alimentaire des consommateurs seront nécessaires : outre l’éducation, l’information, etc., des politiques publiques plus directement incitatives (taxes) peuvent y aider. Néanmoins, dans de nombreuses zones du monde et en particulier dans les pays les moins avancés (PMA) et nombre de pays en développement, il faudra simultanément produire plus car l’agriculture est à la base du processus de développement, de croissance et de créations de richesses et de revenus dans de tels pays où la majorité de la population est toujours agricole / rurale. Et on attend aussi de l’agriculture mondiale qu’elle fournisse des biens non alimentaires en substitution aux produits de la pétrochimie (cf. priorité 4).

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°15
Par INRA_2014 // lundi 22 mars 2010 // 18:27
Personnel / scientifique de l’INRA

A l’occasion du salon international de l’agriculture 2010, l’INRA a organisé une rencontre avec ses partenaires et prolongé la réflexion sur ses priorités scientifiques. Découvrez les vidéos et les synthèses des ateliers sur http://www.inra2014.fr/salon-international-agriculture.php .

n°16
Par alar // mercredi 07 avril 2010 // 11:09
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

J'ai bien noté dans les propos de Mr Guyomard la volonté de "produire autrement" pour mieux répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux, localement et globalement.
Cela revient donc à constater que le mode d'agriculture productiviste tel qu'il a été développé ces dernières décennies n'est pas le modèle idéal (constat illustré par les exemples de pertes de biodiversité, des problèmes de salaires des agriculteurs, etc ...).
Le développement d'une nouvelle agriculture, locale, respectueuse de l'environnement et de la santé, qui permette à l'agriculteur de vivre décemment, est-elle envisageable à l'échelle de la planète pour nourrir 9 milliards d'habitants avec le modèle économique actuel?
En d'autres termes ne pensez-vous pas qu'il faille revoir toute la chaine semence/production/distribution/consommation en prenant en compte l'intérêt des citoyens et moins celui des grands groupes agro-alimentaires qui eux sont plus orientés sur le seul aspect économique?

Réponse :Nul ne le contestera, du moins je l'espère : les pratiques et les systèmes agricoles se doivent d'être respectueux de l'environnement et des ressources naturelles. Il y a eu des progrès en ce domaine sur les dernières années ; ceux-ci doivent clairement être poursuivis et intensifiés. Pour autant, nul ne peut non plus, du moins je l'espère, contester la situation économique et sociale très difficile dans laquelle se trouvent actuellement de trop nombreux producteurs agricoles, en France, dans l'Union européenne et aussi dans un grand nombre de régions du monde. Le premier défi est donc bien celui d'un renouvellement des pratiques et des systèmes agricoles dans un sens orienté selon les trois principes du développement durable, soit l'économique, le social et l'environnement. Et ceci est vrai aussi bien pour les pays développés que pour les pays en développement. Il s'agit d'un défi qui exige des ruptures, et une mobilisation de toute la chaine recherche - développement - formation - conseil et acteurs. Et je suis d'accord avec vous ; ces ruptures ne sauraient se limiter au seul stade de l'exploitation agricole ; elles concernent aussi bien l'amont de ces exploitations que leur aval, y compris au stade final de la distribution et de la consommation. Nous serons plus de 9 milliards en 2050 ; nourrir durablement (au deux sens du terme, i.e., de façon pérenne et selon les trois axes du développement durable) est un défi d'ampleur auquel il convient de s'attaquer dès maintenant. La recherche a un rôle majeur à jouer dans cette perspective. Mais l'effort doit mobiliser bien au-delà du seul cercle de la recherche. Il doit notamment mobiliser les politiques porteurs, du moins en principe, de l'intérêt collectif. Dans ce contexte, et en écho à votre interrogation finale, le problème est d'intégrer dans les stratégies des acteurs privés, qu'ils soient producteurs ou consommateurs, des considérations non marchandes auxquelles la société accorde une valeur à défaut de prix puisqu'il n'y a pas de marchés correspondants susceptibles de les révéler (considérations liées à l'environnement, à la cohésion sociale, etc.). Au-delà de la sensibilisation de chacun, les politiques publiques se doivent de donner les bons signaux en la matière. Ici aussi, il y des progrès sur les dernières années, mais de l'intention aux actes, il y encore de grandes marges de progrès pour ne pas trop systématiquement se retrancher derrière la dictature de l'urgence et du (très) court terme.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°17
Par Thomas // jeudi 08 avril 2010 // 09:55
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Il me semble que (au moins) deux grands défis sont devant nous :

- le changement climatique / l'augmentation des gaz à effet de serre
- la raréfaction des sources de carbone/hydrogène fossile.

Les 7 priorités affichées par l'INRA sont toutes plus ou moins "habitées" par ces deux défis et c'est très satisfaisant.

Il me semble cependant que cette séparation en 7 grandes classes de problèmes indépendants pourrait faire perdre la vision globale des impacts de ces deux défis. Un exemple...

La raréfaction des hydrocarbures en tant que source d'énergie ou en tant que matière première pour la production de matériaux (plastiques...) est bien abordée dans ces 7 priorités, mais l'impact de cette raréfaction sur la production des intrants (en particulier azotés) me semble faible voire absente. Sa production, se fait, à ma connaissance, par utilisation d'hydrocarbure (méthane) via le procédé Haber-Bosch. La raréfaction des sources de méthane entraînerait donc une difficulté de production d'ammoniac, donc d'engrais azotés et donc une chute de rendements importante avec des impacts sur la sécurité alimentaire, mais aussi la production de biomasse à vocation énergétique ou pour les matériaux (plastiques).

Bref, pour assurer une cohérence à ces 7 priorités, il faudrait que ces deux défis (Climat/GES, hydrocarbures) ne soient pas seulement dispersés dans 7 grandes priorités. Il faudrait qu'ils soient aussi associés à à des structures de "veille" légères chargées de collecter, à la Prévert, l'ensemble exhaustif des impacts possibles de ces deux grands défis sur l'agriculture et l'environnement (et ce indépendamment de toute "priorité" énoncée a priori, forcément réductrice). On pourrait ainsi veiller à ce que les solutions qui pourraient être avancées dans une des priorités ne s'appuient pas, même très indirectement, sur des ressources en voie de raréfaction.

Produire du carbone végétal capable de contribuer à une filière "plastique" en utilisant un engrais azoté dérivé du méthane, utilisé comme source d'hydrogène... cela aurait-il du sens ?

Réponse :Tout découpage à ses avantages... et ses défauts, notamment celui que vous mentionnez de disons perte de liens entre les différents défis / les différentes questions. Vous noterez cependant que la priorité 7 a précisément pour objectif la nécessaire prise en compte simultanée des défis alimentaire, énergétique, environnemental, social, etc. Plus spécifiquement, il est probable que les présentes priorités ne mettent pas suffisamment l'accent sur la raréfaction des ressources énergétiques et minières, et leurs conséquences. C'est vrai pour l'azote comme vous le mentionnez ; c'est vrai également pour le phosphore (dont les ressources correspondent grosso modo à 100 ans d'utilisation, sans alternative réelle au jour d'aujourd’hui, en outre très inégalement réparties dans le monde) ainsi que pour les utilisations directes d'énergies fossiles par l'agriculture. Cette situation est à la fois une opportunité pour la biomasse (production de biens énergétiques et industriels en substitution aux produits issus de la pétrochimie, cf. priorité 4) et une menace : les systèmes agricoles se devront d'être plus économes en énergies fossiles.


Bien cordialement.

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°18
Par Terre d'Abeilles // jeudi 08 avril 2010 // 23:12
Membre / Représentant d’une organisation non gouvernementale

TERRE D’ABEILLES (ONG) réaffirme que :

- L’agriculture ne doit pas continuer à se développer au détriment de l’apiculture et de l’environnement.
- L’agriculture doit pouvoir garantir la quantité et la qualité des produits de consommation, assurer à l’homme et l’animal une plus grande sécurité sanitaire tout au long de la chaîne alimentaire.
- L’agriculture doit réorienter durablement son développement, dans le respect, aussi, des générations futures.

C’est pourquoi Terre d’Abeilles préconise à l’INRA :

• D’orienter ses programmes de recherche en toute indépendance, en faveur d’une agriculture durable, respectueuse de la santé humaine et animale et de l’environnement. La sécurité alimentaire, sanitaire et environnementale devant être sa priorité, au détriment de toute autre considération.

• De développer des programmes ambitieux et pertinents visant à inverser la tendance afin d’éviter l’usage de la chimie (toujours plus important, et contraire à toute notion d’agriculture durable), en faveur :

- De l’agriculture biologique

- De méthodes de cultures alternatives, rotation des cultures, privilégiant la lutte intégrée, la chimie verte, etc…

- Du développement de cultures mieux adaptées à nos territoires, moins consommatrices d’eau, d’intrants, etc…

- Et de la réintégration des abeilles en tant qu’auxiliaires naturels et irremplaçables des cultures...

Ce, dans l’intérêt économique des agriculteurs (impact des abeilles sur l’économie agricole : > 30% du CA. Pollinisation = augmentation des rendements et amélioration de la qualité de bon nombre de productions : fruits – légumes – oléagineux – protéagineux…), et en faveur de la restauration de la biodiversité.

La recherche visant à se passer des abeilles ou autres insectes pollinisateurs (ex : auto-fécondation du colza) ou à les éloigner (ex : plantes répulsives) s’avérant obsolète.

TERRE D’ABEILLES recommande également à l'INRA, pour établir ses programmes de recherche et optimiser leur efficacité, de prendre en compte l’abeille en tant qu’auxiliaire de l’agriculture et indicateur biologique, et de collaborer de manière pluridisciplinaire avec les spécialistes de l’abeille : scientifiques, apidologues, comportementalistes, toxicologues, éco-toxicologues, experts de l’abeille et techniciens apicoles, français ou étrangers, qui ont révélé leurs compétences au cours des quinze dernières années.

Terre d’Abeilles met en garde, enfin, contre la recherche superflue et susceptible de ralentir les prises de décision, qui alimente parfois son fond de commerce. (Exemples : Etudier l’impact des pollinisateurs sur la biodiversité ou les causes de la mortalité des abeilles, déjà identifiées – Rechercher des « médicaments » visant à permettre aux abeilles de résister aux effets pervers des pesticides…)

En pièce-jointe : l’ensemble des préconisations de Terre d’Abeilles

Nous saluons l’initiative d’ouverture de l’INRA et proposons à Mme Marion GUILLOU et M. Hervé GUYOMARD d’envisager conjointement une rencontre avec les représentants de l’INRA et des apidologues et scientifiques spécialistes de l’abeille, afin de pouvoir présenter plus concrètement nos propositions.

Béatrice Robrolle-Mary,
Présidente de TERRE D’ABEILLES

Asso. loi 1901 déclarée d’intérêt général
Actrice du Grenelle de l’Environnement et auteure du dossier, co-signé par la Fondation Nicolas Hulot « Stopper le déclin de l’entomofaune pollinisatrice et mettre en œuvre un plan de relance de l’apiculture » www.sauvonslesabeilles.com

INRA-TERRE-D-ABEILLES-08-04-10_4bbe46a292092.pdf

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