Développement agriculture durable économique social et environnemental  - biotechnologie et recherche agricole

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Contexte et défis

Dans les pays du Nord comme du Sud, les systèmes agricoles et forestiers devront satisfaire simultanément les trois dimensions du développement durable, économique, sociale et environnementale. Il importe donc d’insérer les travaux menés à l’échelle de la parcelle, de l’exploitation, d’une filière et/ou d’un territoire dans une vision globale (régionale, nationale et internationale) cohérente des questions agricoles et forestières, et au-delà des problématiques plus globales de l’alimentation, de l’énergie, de l’environnement, des relations Nord - Sud ou entre rural et urbain, etc. (cf. Priorité 7). En dépit de progrès sensibles au cours des dernières années, la convergence des performances économiques, sociales et environnementales... > Performance des systèmes agricoles

// Contributions

Fil des commentaires de cet article

n°1
Par Anonyme // jeudi 28 janvier 2010 // 07:07
Personnel / scientifique de l’INRA

viabiliser les territoires ruraux c'est une grande idée encore faut-il pour cela les conserver.

Réponse :La viabilisation des territoires, au sens de valorisation, n’est-elle pas un vecteur possible, si ce n’est essentiel, de la conservation ?

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°2
Par Yves POULIQUEN // samedi 30 janvier 2010 // 22:23
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Les territoires forestiers sont scandaleusement mal gérés; les terres agricoles sont polluées par des pesticides et des insecticides nuisibles, sans parler des effluents des industries et des élevages d'animaux; les petits paysans qui pratiquent une agriculture écologique n'arrivent pas à en vivre.
Les grands exploitants, amis du pouvoir, des insecticides et des pesticides ainsi que des OGM, ceux là survivent en nous empoisonnant, et en empochant les subventions.
Quand les scientifiques auront ils le courage de ne plus être les esclaves des grandes broyeuses que sont le capitalisme et le productivisme?

Réponse :Comme vous y allez, « les scientifiques esclaves des grandes broyeuses que sont le capitalisme et le productivisme » ! C’est bien mal connaître le monde de la recherche publique. Loin de moi l’idée que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes et de ne pas reconnaitre que l’INRA, comme d’autres instituts de recherche, a pu commettre des erreurs, au minimum des excès (et en commettra sans doute d’autres). Nul n’est parfait. J’ai néanmoins la faiblesse de croire qu’un peu plus de nuances dans vos propos aiderait à faire progresser les choses et aller vers un monde meilleur de façon plus efficace.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°3
Par Anonyme // lundi 01 février 2010 // 09:28
Membre de la communauté scientifique (nationale ou internationale) hors INRA

Je suis assez étonnée, que la viabilité des exploitations agricoles, et n'ayons pas peur de ce mot, que l'amélioration des performances techniques ne paraissent presque pas dans les propositions.

C'est pourtant bien l'un des buts de votre institution il me semble...

Réponse :J’avoue ne pas bien comprendre votre remarque. Au contraire, la présente priorité insiste sur la nécessité de considérer, à parts égales, l’économie, le social et l’environnement. J’insiste sur le « à parts égales ». Loin de nous l’idée de ne pas travailler à l’amélioration des performances techniques (pour reprendre votre expression) ; celles-ci cependant doivent plus que jamais se soucier des dimensions sociales et environnementales. Le défi est de taille et les pistes / questions de recherche soumises à consultation dans le cadre de cette priorité (et d’autres) visent à contribuer, dans le métier qui est le notre, la recherche, à relever ce défi.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°4
Par Anonyme // jeudi 04 février 2010 // 15:52
Agent / Représentant d’une collectivité territoriale française

Le développement durable et la cohérence de notre société vis à vis de l'agricultre sont importantes.

Cependant, il ne faut pas oublier une chose : le rôle premier de l'agricultre. C'est de mourir une population le mieux possible compte tenu des conditions notamment environnementales rencontrées sur le territoire.
Il serait peut être temps de regarder les choses en face. Le maïs, le soja ne sont pas des plantes adaptées à notre région. Arrêtons de vouloir à tout pris les utiliser pour notre alimentation pour celles du bétail et de ce fait détruire notre environnement. Arrêtons de rechercher une agriculture de la performance où il faut absolument qu'une vache atteigne 10 000 litres.

Arrêtons d'aller contre la nature et enfin ADAPTONS nous.

Je pense que vous avez pour cela un rôle important à jouer.

Réponse :Merci pour votre contribution. C’est précisément l’objectif que nous visons à travers cette priorité (et d’autres) et les questions de recherches correspondantes.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°5
Par vmxph // dimanche 07 février 2010 // 13:26
Acteur / partenaire agricole

Il existe des agriculteurs pratiquant l'agriculture de conservation
il semblerait que cela donne de bons resultats aussi bien sur le plan de la reduction des intrants, de l'erosion que de l'augmentation des marges.

ils se plaignent du manque de soutien et de la necessite d'améliorer leurs connaissances par leurs propres moyens, leurs propres experimentations,
au bresil, le cirad a fait progresser les connaissances et les agriculteurs en faisant de la recherche-action,
quand est il de l'inra?

Réponse :L’INRA développe aussi plusieurs recherches dites recherches action, notamment au sein de son département SAD (Sciences pour l’action et le développement) et du programme pluridisciplinaire et multi partenaires mené dans dix régions administratives Pour et Sur le Développement Régional (PSDR). Je vous invite à consulter les sites internet correspondants pour en savoir plus : http://www.inra.fr/sciences_action_developpement/ http://www.inra.fr/les_partenariats/recherches_pour_et_sur

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°6
Par JYC // lundi 08 février 2010 // 13:55
Acteur / partenaire agricole

Alimentation :
La part du budget des ménages consacrée à l'alimentation en continuelle baisse ...
Une exigence de qualité grandissante...
Un souhait de garder des petites exploitations agricoles, et parfois le souhait de faire disparaitre "l'agriculture indistrielle"...

Comment faire vivre l'agriculteur alors que le souhait premier est que le prix des denrées soit le plus faible possible, voire actuellement en dessous du coût de production ?
Quel niveau de production à l'hectare est-il nécessaire pour ne pas augmenter les coûts unitaires, faire vivre l'agriculteur ?
Faut-il remplacer les plantes à fort potentiel énergétique par d'autres espèces moins performantes ?

Recherche :
Comment consilier les enjeux alimentaires, économiques ?
Quel est l'importance de la communication, de la pédagogie à donner à ces aspects ?

Réponse :Merci pour votre contribution et vos (bonnes) questions. Il ne m’est pas possible d’y répondre ici dans le détail car c’est précisément l’objet de cette priorité (et d’autres) et des recherches proposées dans ce cadre. Il n’y a pas de solution unique, universelle, aux questions que vous posez mais des solutions adaptées aux spécificités locales, solutions qu’il nous faut pour une large part inventer : tel est l’ambition des recherches à mener dans le cadre de cette priorité, plus généralement des diverses priorités ici soumises à consultation.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°7
Par Alexandre U // vendredi 12 février 2010 // 21:21
Agent / Représentant des pouvoirs publics (ministères, agences…)

Existe-t-il ou est-il prévu des études / prospectives sur le nombre d'exploitations et les filières correspondantes à horizon 20 ans; en France et dans l'UE ? Si ce n'est pas le cas, il serait intéressant de voir en fonction de différents paramètres (réglementation européenne + réchauffement climatique + réductions des intrants) les pays (France et toute l'UE) où l'agriculture a de l'avenir, en fonction des filières.

Réponse :En réponse à votre question, en plus des recherches spécifiques menées à l’INRA au sein du département SAE2 (http://www.inra.fr/esr/ ), plus particulièrement au sein de son unité rennaise (http://www.rennes.inra.fr/smart ), je vous invite à consulter les résultats de la prospective dite « Agriculture 2013 » (http://www.inra.fr/agriculture2013 ) qui apportera un éclairage sur disons les devenirs possibles de l’agriculture française et communautaire.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°8
Par Anonyme // lundi 15 février 2010 // 14:54
Acteur / partenaire industriel

"Le potentiel prometteur de progrès et d’innovation offert par la génomique, la post-génomique, les biotechnologies et la biologie prédictive sera exploité pour prendre en compte de nouveaux objectifs de sélection"
Il faudrait que ce voeu pieu soit réellement porté par l'INRA qu'on n'a pratiquement pas entendu jusqu'à présent pour défendre les OGM et les biotechnologies !
Il faudrait que l'INRA soit réellement à la pointe du "productivisme intelligent" dont le monde entier a besoin.
Pour cela, il ne faut pas continuer à céder à la tentation de flatter l'opinion publique dans le sens du poil. Restez scientifiques !

Réponse :Merci du « conseil » : nous sommes scientifiques et le resterons ! Et je ne crois pas que « nous continuons de céder à la tentation de flatter l’opinion publique dans le sens du poil ». Celle-ci est multiple et complexe, tout comme le monde qui nous entoure et les défis que nous avons à relever. Il n’y a pas de solution miracle et unique à ces défis, et notre conviction est que ce sont des solutions adaptées aux spécificités locales qu’il nous faut trouver et mettre en œuvre. Parmi celles-ci, le recours intelligent aux biotechnologies (qui, en passant, n’est pas synonyme d’OGM). Je vous invite dans ce cadre, à titre d’illustrations, à consulter les documents et vidéos de deux des rencontres que nous avons organisées au début du mois de mars dans le cadre du Salon international de l’agriculture (SIA), la première sur les biotechnologies vertes, la seconde sur les biotechnologies blanches (http://www.inra.fr/agriculture_biodiversite/rencontres_professionnelles/ )


Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°9
Par Anonyme // lundi 15 février 2010 // 17:27
Membre de la communauté scientifique (nationale ou internationale) hors INRA

Cette priorité est la première ce qui me semble judicieux. Mais elle couvre un champ d'action qui est immensémment vaste. Comment prendre en compte les intérets contradictoires entre productivité, rendement, rentabilité économique, profit des grandes firmes, viabilité des exploitations agricoles, santé des agriculteurs... et développement durable, écologie, biodiversité. L'enjeu est considérable.
Merci de cette vaste consultation, je vais essayer de réagir sur les autres axes prioritaires.

Réponse :Bien d’accord avec vous. L’enjeu est grand et c’est bien pourquoi il est ici une priorité et que l’effort de recherche doit être à la hauteur. En passant, l’effort ne saurait se limiter à la seule recherche.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°10
Par Anonyme // mardi 16 février 2010 // 10:01
Acteur / partenaire industriel

Les 7 thèmes retenus me semblent très pertinents et il m'a semlé que ma remarque à venir avait le plus de légitimité dans le thème n°1, bien que transverse aux autres thèmes.
Connaissant depuis longtemps le monde agricole français, ce qui me frappe par rapport à d'autres pays, c'est la difficulté à voir se concrétiser des partenariats locaux entre un groupe d'agriculteurs et des partenaires industriels, dès lors qu'on sort des thèmes incontournables de la production végétale ou animale, ou de la logistique de vente. Or les thèmes environnementaux (gestion des effluents, des engrais, de l'énergie durable) mériteraient aussi des regroupements plus aisés, plus naturels. Il semble exister une défiance historique entre les agriculteurs en tant qu'individus et les autres entités économiques (peut-être par méconnaissance respective les uns des autres).
Il faudrait à mon sens réfléchir aux moyens de renforcer la coopération locale pour monter des projets de taille certes modeste mais pour le moins rentables (par effet d'échelle) et cohérents au niveau du territoire, comme on peut le rencontrer dans les pays du nord de l'Europe. Sinon, nous serons toujours face à l'échec d'une politique de soutien à des micro-projets, dispendieuse et insufisamment efficace car confrontée à l'incurie de la gestion de masse.
Quelles voies pour promouvoir la coopération ? peut-être peut-on s'inspirer des changements en cours dans le paysage politique français avec le regroupement des collectivités locales ...
Bien sincèrement.

Réponse :Merci pour votre contribution que personnellement je trouve très pertinente.
Pour l’économiste que je suis, votre question renvoie à la diversification des sources de revenu des exploitations en dépassant la version verticale des seuls produits et des accords / partenariats verticaux (de filières) et en exploitant les autres facettes de l’agriculture, notamment dans son rôle de gestion (horizontale) de l’espace. Dans cette dimension horizontale, il y a aussi des effets de seuils dont il convient de s’affranchir et des économies d’échelle à exploiter (ne serait-ce que pour faire face aux coûts fixes). C’est sans nul doute plus difficile à mettre en œuvre car cela met en jeu (aussi et en plus des acteurs dits traditionnels) de « nouveaux » acteurs disons territoriaux. Dans ce cadre, je vous invite à consulter, par exemple, les recherches que nous menons dans le cadre du programme PSDR (Pour et Sur le Développement Régional : http://www.inra.fr/les_partenariats/recherches_pour_et_sur ), recherches menées dans dix régions de programmes en collaboration avec les Conseils Régionaux et tous les acteurs (du moins c’est l’ambition !) intéressés par et impliqués dans les questions de développement rural et les interactions agriculture – développement rural, territorial et local.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°11
Par Matthieu Calame // mercredi 17 février 2010 // 08:25
Membre / Représentant d’une organisation non gouvernementale

Ce thème est très intéressant, mais je m'inquiète de sa partie économique qui semble se limiter à une réflexion microéconomique. En effet on y parle de performance économique sans interroger l'avenir du système économique actuel de l'agriculture et de la forêt (pas un mot de la politique agricole commune !). Je pense qu'il est temps d'inverser la logique de travail qui est actuellement "comment mettre en place une agriculture durable dans le cadre politique existant ou que l'on pressent devoir advenir" et passer à la question: "quelle cadre politico-économique voulons nous", un cadre qui permettra que s'impose une agriculture durable. pour mémoire, pour mettre en place une agriculture industrielle dans les années 50, on a mis en place une politique industrialisante lourde que ce soit en terme dappui à l'investissement de garantie des prix du marché, de formation et d'encadrement, de recherche et développement etc... Ce serait bien d'ailleurs que les économistes de l'INRA calcule ce qu'aura coûté la modernisation de l'agriculture à la société quand on cumule remembrements, prêts bonifiés, primes diverses, prix supérieurs aux prix mondiaux. Pour mettre en place une agriculture écologique, il faudra un effort sans doute comparable et donc mette en place une politique agroécologique. L'INRA ne doit donc pas seulement se placer dans une logique d'adaptation à un cadre politico-économique, elle doit prendre position sur ce cadre comme elle l'avait d'ailleurs fait pour l'étude "pesticide" qui abordait le système danois et des réflexions en terme de "signal prix". Je signale au passage que l'Association Française d'Agronomie a mis en place un groupe sur agronomie et politiques publiques.

Réponse :Je vous rassure, la dimension économique ne se résume pas à la seule micro-économie des exploitations notamment parce qu’il convient de rendre les prix endogènes par le jeu des confrontations entre les offres et les demandes. Et je vous rassure aussi sur le fait que plusieurs recherches développées dans l’institut portent sur l’analyse de la Politique Agricole Commune (PAC), de ses effets et de ses évolutions (thème fortement lié au précédent, celui des prix). Enfin, je ne partage votre point de vue disons conditionnel, ou plutôt je le corrige. La question des politiques à même de promouvoir une agriculture conjuguant performances économiques, sociales et environnementales est au cœur du sujet (et donc de la présente priorité). Dans cette perspective, je vous invite à consulter les résumes, présentations et vidéos du colloque que nous avons organisé lors du dernier Salon International de l’Agriculture et qui avait pour titre « Conjuguer compétitivité et environnement : le défi agricole, un rôle pour la PAC »
(http://www.inra.fr/agriculture_biodiversite/rencontres_professionnelles ).

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°12
Par BERSAC Patrice // mercredi 17 février 2010 // 10:42
Autre

Le point 2 de la note de consultation de janvier 2010 sur la performance a pour titre "Créer de nouveaux matériels génétiques". Il met en avant la génomique sans évoquer clairement la production d'OGM alors que c'en est la suite logique.
Vous ne pouvez détourner l'attention du public sur un sujet aussi sensible.
Il convient, soit dans ce point, soit dans un autre point distinct, de noter la demande de valorisation des variétés placées en conservatoire ou simplement délaissées dans la nature et qui présentent des résistances élevées aux maladies et de bonnes caractéristiques technologiques (cf. mon précédent message). Les techniques d'analyse des interactions génotype et environnement y trouveront une application utile et non génératrice de problèmes sociaux-environnementaux liés aux OGM et au intrants toxiques.
P. Bersac. Président de Vignerons Franciliens Réunis.
Conseiller du Président de la CFVDP

Réponse :Sans l’exclure, les techniques et méthodologies de création de nouveaux matériels génétiques ne se limitent pas, loin s’en faut, aux seuls OGMs.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°13
Par Fuvel Victor // mercredi 17 février 2010 // 14:22
Autre

La charrue et les bœufs (remarques préliminaires)

Tout semble clair dès la première ligne de vos "priorités" ...
1 - Performances "économiques" ...

Non : 1 - performance sociale, environnementale et joie de (re)vivre et ensuite, éventuellement ... économique.

ou encore 1 - Décroissance = condition sine qua non.

Car développement durable = capitalisme vert = sauvetage du capitalisme, lequel ne peut survivre que dans la croissance mortifère que nous connaissons présentement et ... depuis deux siècles. Votre programme, vos priorités deviennent (assez) clairs sous cet éclairage.

Donc dès le premier mot de vos "priorités" la messe est dite et enveloppée dans une confiture politically correct. C'est un peu comme lorsque le gouvernement ploutocratique et autocratique européen dit "et sociale", c'est ... foutaise, cache-sexe et clause de style pour les gogos (50 ans d'expérience de la chose).
Diriez le contraire ?

Donc ... priorités (premier jet)

1 - Décroissance

2 - Restauration des sols morts (voir le film Alerte à Babylone), ... c'est à dire de tous les sols.

3 - Réduction drastique de la production et de la consommation de viande

4 - Développement de services gratuits de toute sorte. Y compris de biens et services alimentaires (voir fichier ci-joint à titre indicatif de la logique de la chose ...)

5, 6 et 7 - Arrêt immédiat des cultures pour bio-carburants (tout à fait possible par réduction drastique de la surconsommation énergétique des riches de cette planète)
Arrêt immédiat des OGM, boycot total de Monsanto.
Interdiction des achats de terres du Tiers-Monde par les puissances économiques (multinationales ou autres) du Nord (Chine comprise)

8 - Interdiction de la publicité sur tous les produits de l'agriculture et notamment sur les biens alimentaires produits industriellement (presque tous)

9 - Suppression des aides européennes ou autres aux puissants lobbyistes des cultures industrielles dévastatrices.

10 - Interdiction des pesticides et des produits à base de nitrates.

11 - nationalisation des terres et gestion démocratique sous contrôle ouvrier et paysan

(12) ... dans une telle optique vos propres priorités apparaissent comme un tissu de contradictions inconciliables même à l'aide d'une sarko-oxymoro-dialectique à ressorts.

Un indice : vos présentateurs bafouillent beaucoup ... comme s'ils voulaient nous convaincre qu'ils n'en croient pas un mot

13 - etc.. etc...

Conclusion (provisoire) : ... alors, parallèlement, on pourrait peut-être réfléchir à une éventuelle recherche agronomique qui serait autre chose qu'un service "public" au service du capital financier. Par exemple une recherche qui nous parlerait des moyens rapides de sortir de la pollution chimique massive de notre alimentation, notamment de celle des pauvres, par les grandes surfaces commerciales associées aux lobbies chimiques et agronomiques qui imposent leur modèle de "production" c'est à dire celui de la rentabilité financière à court terme, mortifère ... je me répète, certes, mais qui pourrait nier aujourd'hui que cette planète et donc ses habitants sont dans un processus mortifère bien avancé ?

N'hésitez surtout pas à répondre ...
Amicalement
VF (documentariste)

LE-PLAN-B-Economie.pdf

Réponse :C’est avec plaisir… et sans hésitations que je réponds à votre commentaire (parler de commentaires au pluriel serait plus exact). C’est avec plaisir et sans hésitations, mais ce n’est pas simple car vos commentaires relèvent davantage d’un point de vue citoyen et militant (ce qui est votre droit le plus strict, bien sûr) que d’un questionnement, en outre d’un questionnement à la recherche. Aussi vais-je prendre quelques points - parmi les nombreux -, en quelque sorte au hasard.
Sur quelle(s) base(s) pouvez-vous affirmer ainsi que vous le faites que nous (INRA) sommes un service « public » au service du capital financier ? C’est une affirmation gratuite et non étayée.
Vous semblez prôner la décroissance (c’est au demeurant un concept bien vague) alors que je pense qu’il est plus judicieux et pertinent de travailler à un partage différent, soit plus équilibré, des fruits de la croissance. Continuons sur la décroissance : au-delà du slogan, sans doute porteur auprès d’un certain public, ne serait-il pas utile que vous explicitiez ce que vous attendez par là exactement, comment vous envisagez de l’imposer (parce qu’il faudra l’imposer), et concrètement, quelles en seraient les conséquences pour les diverses catégories d’acteurs, de ménages et leurs enfants, etc.
Poursuivons par « la gratuité des services de toutes sortes » : Qu’est ce que cela veut dire ? Quels services ? Qui les fournira et les assurera ? Dans quelles conditions ? Qui décidera des droits d’accès et de partage s’il y a encombrement ? Qui en supportera le coût ? Etc.
Idem pour la nationalisation des terres ; et sur quelles bases ferez-vous le partage ?
Je partage avec vous, et beaucoup de monde, l’idée (et le constat) selon laquelle l’appât du gain immédiat guide excessivement notre monde aujourd’hui (voir la fin de vos propos). Mais je ne suis pas certain, et pour être franc je suis d’avis contraire, que les « solutions » que vous suggérez, dont il conviendrait au minimum de fixer les modes et modalités de gouvernance et les conséquences redistributives, à court terme et à plus long terme, soient la solution aux défis qui nous attendent et qui sont réels (alimentaire, environnemental, énergétique, montée des inégalités de développement, entre pays et à l’intérieur de pays, etc.).

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°14
Par Filou // jeudi 18 février 2010 // 10:35
Acteur / partenaire agricole

Créé pour doter l'agriculture française de moyens dits "performants" et lui permettre de se hisser au 2ème rang des exportations mondiales (le pétrole vert), l'INRA a été l'un des premiers maillons d'un système qui a, en 50 ans, réinventer l'Agriculture. Sélection, amélioration tant dans le domaine animal que végétal, performance, rendements, standardisation, productivité horaire, productivité humaine ont conduit a la destruction de systèmes durables et équitable (puiqu'ils existaient depuis des millénaires) .
Non bien sur, l'INRA n'est pas responsable de tout les malheurs du monde! Elle doit néanmoins avoir le courage de dresser un bilan du développement agricole permis par ses recherches.

Puisque l'on parle de cohésion entre le social, l'environnemental et l'économique, ayons le courage de dénoncer les réalités de notre modèle agricole (que l'on est, au passage, en train d étendre à grande vitesse a nos voisins de l'Est), regardons le nombre de fermes qui disparaissent tout les jours, la désertification des milieux ruraux (je suis en Lozère): on a remplacé les hommes par des molécules et des technologies, les races adaptés (4X4 de nos montagnes) par de belles ferraries (productives mais surtout inadapté et exigeantes, consommatrices d'intrant...) L'ironie du sort veut que l'on mette un coup de peinture verte sur certaines mesures qui visent a maintenir les millieux ouverts, bla bla bla, dites "agro environementales" . pendant ce temps, de plus ou plus de cheptel sont conduits en hors sol, le lien entre agriculture et territoire est en train de finir de se casser.

Citer quelques exemples d'abération est certe facile, on pourrait le faire dans bien des domaines! Il ne s'agit pas de ça ici. Il s'agit de toute une société à laquelle on ment. l'argent du contribuable sert toujours au développement et à la promotion d'une agriculture qui ne respecttent en rien son environnement, qu'il soit social, économique ou "environemental".

Le plus grave reste que l'on donne au peuple l'illusion d'un changement. Un peu de poudre au yeux... l'agriculture est de plus en plus intégré, de plus en plus déconnecté du consommateur. Malgrès le renouveau d'une vrai agriculture, à travers maintes et maintes démarches plus ou moins connus, plus ou moins pertinente, on noye le consommateur dans un océan de label, de signes qui peuvent avoir des logiques et des significations très divergentes, cela fait le bonheur du marketing , du consumérisme, on segmente le marchés, on enrobe l'essentiel... Alors tout le monde est content.
En tant qu'agriculteur (a titre secondaire) et salarié d'une organisation agricole, je constate de différentes façon les tennants et les aboutissants de notre monde agricole: La france a fait le choix d'une agriculture d'industrie, de rendements et non le choix d'une agriculture humaine qui organise les territoires, qui fait vivre des gens et qui produits des produits sains, exempt de molécules dont (on pourra dire ce que l'on veut) on ignore 90 % des effets tant il sont compliqué à appréhender.

L'INRA doit travailler pour montrer et mesurer concrétement toutes ces dérives , c'est son rôle de le faire, et ce serait une formidable ocasion pour elle de prendre un nouveau départ. L'évaluation du travail passé doit être rélaisé avec mesure des conséquences à tout les niveaux!
Il est abérant de voirque l'argent public qui est injecté dans le monde agricole déssert comptèment sa vocation première, la pousse à des logiques contraires à un développement résonné et équitable de nos territoires.

L'INRA de doit pas avoir honte de ce a quoi 'elle a grandement participé, elle doit néanmoins le reconnaitre ouvertement et faire des propositions concrètes, nos décideurs politiques en ont vraisemblablement besoin!!

Philippe LONJON

Réponse :Je ne suis pas certain que vos propos appellent une réponse précise. Juste deux points donc. Le premier est que je pense qu’il faut se méfier des catégorisations simples du type « La France a fait le choix de… » : comme vous le savez, ce n’est pas si simple et si notre pays avait réellement fait les choix que vous dites, nous n’en serions pas aujourd’hui à nous poser des questions sur, par exemple, les objectifs et les instruments de la Politique Agricole Commune. La difficulté, et c’est mon second point, est qu’il n’y a pas une solution unique et universelle mais des solutions adaptées à la diversité des contextes, solutions pour une large part à concevoir et diffuser. Capitaliser sur les expériences réussies est sans nul doute une voie de progrès et c’est d’ailleurs une ambition de cette priorité.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°15
Par Anonyme // jeudi 18 février 2010 // 14:45
Personnel / scientifique de l’INRA

Je précise que je ne suis pas syndiqué mais comme beaucoup je vis depuis quelques années au rythme accéléré des réformes dans le monde de la recherche français.

L'INRA souhaite aujourd'hui être exemplaire en développement durable, en commençant par sa propre activité de recherche.
Le développement durable est un concept qui se veut intégrateur au niveau de l'économie, de l'environnement et de la société. Et, par conséquent, on nous dit aujourd'hui que le développement durable à l'INRA intègrera une meilleure gestion des ressources humaines. Et donc cela veut dire embaucher les précaires, embaucher des personnes handicapées, s'intéresser au pourquoi des arrêts de travail.
Mais être chercheur aujourd'hui, c'est chercher de l'argent pour embaucher toujours plus de précaires pour faire la recherche. Or si l'INRA se targue d'être un des meilleurs au monde en publications dans son domaine de recherche, cela est à mettre au crédit par exemple des dispositifs expérimentaux dont s'occupent, sur la durée, chercheurs, ingénieurs et techniciens. C'est une illusion de penser que précariser l'emploi à l'INRA, quel que soit le niveau de recrutement, permettra de rendre l'INRA toujours meilleur.
Si nous devons être exemplaires en terme de gestion des ressources humaines, il va falloir vraiment s'y mettre, car en bien des endroits, les relations de travail se détériorent, la récompense par les primes sera et est déjà un facteur de déstructuration des collectifs de recherche, les décisions de réforme non expliquées (et donc non comprises) s'accumulent. Donc tout le contraire d'un monde de la recherche qui soit vivable. De l'émulation oui, mais pas à n'importe quel prix.

Réponse :Bien que ne s’inscrivant pas réellement dans le contexte / questionnement de la priorité 1 et l’esprit de la présente consultation qui porte sur les priorités de recherche, je réponds à votre message, du moins je vais essayer (même si vos propos relèvent plus d’une position, ce qui est bien sûr votre droit, que d’un questionnement). Vous écrivez que les décisions de réforme (à l’INRA) ne sont pas expliquées et donc ne sont pas comprises. J’avoue une certaine perplexité / incompréhension face à une telle affirmation ; que vous ne soyez pas d’accord avec les réformes, c’est je le répète votre droit le plus strict ; mais non adhésion et non explication sont deux notions distinctes et j’ai la faiblesse de croire que l’effort d’explication du pourquoi la direction de l’INRA propose d’évoluer dans telle ou telle direction est réel. Nul ne conteste qu’un atout d’ordre un de l’INRA est la richesse de ses dispositifs expérimentaux (au sens large) au service des recherches. Mais je ne comprends pas le lien que vous faites entre ces dispositifs et la précarité à l’INRA (ou alors quelque chose m’échappe dans votre argumentation).

Nul ne contestera (du moins je l’espère) que la précarité doit être combattue et que ce combat doit être un objectif premier des politiques. Où je ne vous suis plus, c’est quand vous écrivez que nous aurions un objectif de précarisation de l’emploi à l’INRA. Sur quelles bases factuelles vous basez vous pour étayer une telle affirmation ? Loin de moi l’idée selon laquelle il n’y aurait pas des problèmes de ressources humaines dans un organisme comme l’Inra qui compte plusieurs milliers de personnes. Loin de moi l’idée selon laquelle il n’y a pas de progrès possibles en ce domaine. Mais de là à écrire que « précariser l’emploi permettra de rendre l’INRA toujours meilleur » (sous entendu sur le plan scientifique), c’est nous prêter des intentions qui ne sont pas les nôtres.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°16
Par conseiller agricole // mardi 23 février 2010 // 09:13
Acteur / partenaire agricole

Les agriculteurs désirent aujourd'hui vivre de leur travail et exercer dans des conditions convenables (risques pour la santé, temps de travail) :

1. Promouvoir une agriculture à "bas niveaux d'intrants", nous manquons cruellement de références sur les techniques alternatives au tout chimique
2. Favoriser les circuits courts et rendre aux agriculteurs la plue value de leur production (= augmenter les prix ou diminuer les marges des grandes surfaces)
3. Produire pour le marché français (exportation = second objectif) : pour les pays du Sud, il sera plus intelligent d'exporter des techniques ou savoir-faire plutôt que des denrées hors de prix.
4. Taxer les importations alimentaires pour ne pas pénaliser les agriculteurs qui s'engagent dans des démarches de respcet et conservation de l'environnement (réduction importante des phyto : - 50 % minimum, diminution des nitrates, ....)

Progrès scientifiques générés par INRA :
- amélioration variétale : variétés rustiques
- études des mélanges variétaux et d'espèces
- ré-investir le mécanique (machinisme)
- semis direct ( 0 travail du sol, 0 phyto => utopie ??)
- aménager les territoire (parcelle de 5 à 10 ha) et protéger le milieu (haies, bandes enherbées)

Réponse :Merci pour votre contribution. Si promouvoir une agriculture à bas niveaux d’intrants est « votre » traduction d’une agriculture (plus) respectueuses de l’environnement, je partage votre point 1 qui est au cœur de la présente priorité qui toutefois insiste pour mettre sur un même plan, les considérations économiques et sociales. Favoriser les circuits courts, pourquoi pas, sans toutefois sous-estimer les effets potentiellement contraires, notamment en termes de coûts d’approvisionnement : c’est de toutes façons un thème sur lesquels nous menons des recherches, notamment dans l’objectif de définir des références (cf. votre point 1). Produire pour le marché français, outre que je ne sais pas très bien ce que cela veut dire et comment cela pourrait se mettre en œuvre, ce serait ignorer que la France écoule une large part de sa production sur les autres Etats membres européens. Et je ne comprends pas bien votre argument / affirmation quant aux exportations de denrées hors de prix sur pays tiers non communautaires : l’Union européenne est plutôt accusée du contraire, notamment dans le cadre des négociations agricoles multilatérales à l’organisation mondiale du Commerce (OMC). Taxer les importations suppose un accord international et n’aurait pas que des effets positifs, dans l’Union et en France (augmentation des prix à la consommation intermédiaire et finale), ainsi que dans le reste du monde. En résumé, le défi alimentaire (au sens large, y compris dans ses dimensions environnementale et énergétique) exige une vision globale (d’équilibre général dirait un économiste) et de se méfier des idées a priori de bon sens notamment parce qu’elles peuvent aussi générer des effets contraires indirects.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°17
Par Anonyme // vendredi 26 février 2010 // 17:47
Personnel / scientifique de l’INRA

Des programmes de recherche intégratifs sur les biofibres cultivées en climat tempéré (ex : chanvre, lin) : intérêt agronomique / rotation des cultures, impact sur la diminution de l'utilisation des phytos, innovation dans la valorisation etc.
Collaborations internationales possibles (ex : canada)

Réponse :Pourquoi pas ? la difficulté ici est de faire le bon choix quant aux « solutions » / « domaines » à investir et analyser dans le cadre des forces et des ressources potentiellement mobilisables ; celles-ci ne sont pas extensibles à l’infini. On peut le regretter, mais l’ignorer serait une erreur. Le développement du monde est toujours une histoire de taille du gâteau et de la taille des parts données à tel ou tel.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°18
Par chantal // samedi 27 février 2010 // 22:59
Autre

Bonjour,
Je suis agricultrice Bio depuis 10 ans en céréales et oléoproteagineux.
Connaissant parfaitement l'évolution du secteur agricole, depuis 50 ans.
Mon grand-père travaillait en bio sans le savoir, on a expliqué à mon père qu'il fallait produire pour nourrir les hommes, comment utiliser des produits phytos, et tout ce qui accompagnait... les vaches qui mangeaient de l'herbe où de la luzerne on leur a fait manger du tourteau de soja, et même de la farine de viande..
On sait où cela nous a menés..
Aujourd'hui alors que le professeur Montagné (codécouvreur du virus du sida) se bat pour le dépôt d'un brevet sur la mémoire de l'eau.
Alors que l'on sait depuis des années que les poissons dans nos rivières mutent suite à l'absorption d'hormones qui se concentrent de plus en plus dans les eaux.
Que les résidus de produits phytos sont présents dans les nappes phréatiques, avec tout ce que cela comporte comme risques pour la santé humaine. Pour moi l'urgence de la recherche se trouve dans la réparation de tout ce qui a été fait sans « conscience »
Si l’on ne cherche pas les métaux lourds on n’en trouve pas !…Pour le glyphosate c’est pareil.
L’urgence est dans la santé dans notre intérêt à tous et dans l’intérêt des générations futures.
Pour ce qui est de l’agriculture en Bio la recherche est nécessaire bien sûr, mais sur le terrain on a déjà pas mal avancé…Il faut juste penser différemment rotations longues, c’est tout le système qui est à revoir tout comme au temps ou le premier conseiller agricole est venu expliquer à mon pépé que son agriculture était dépassée .. !

Il me semble important aujourd’hui de faire des recherches sur le coût de cette politique agricole, avec toutes les répercutions sur la santé, l’environnement…comptabilisées.
Actuellement les aides sont données en priorité à l’agriculture raisonnée ; a quand ces calculs pour que les politiques et la société civile se positionnent enfin et que les agriculteurs bio français soit rémunérés à la hauteur de l’effort effectué. !
Pour que la profession agricole décide de relever le défi de produire en Bio et de pouvoir être fier de répondre aux urgences d’aujourd’hui !

Réponse :Merci pour votre contribution. Pour ce qui est de l’Agriculture Biologique (AB), l’INRA a initié il y a maintenant plus de dix années un programme de recherche spécifiquement dédié à ce modèle / mode de production (nous en sommes aujourd’hui à la troisième vague du programme, chaque vague couvrant entre 4 et 5 années). Dans de nombreux cas, ces recherches sont développées en partenariat étroit avec les acteurs du développement, y compris des agriculteurs en AB. De même, plusieurs recherches portent sur les coûts des politiques agricoles, y compris les coûts environnementaux,… mais aussi les bénéfices (je partage votre point de vue selon lequel les effets en termes de santé sont aujourd’hui insuffisamment comptabilisés, faute en premier lieu de données disponibles à cet effet). De façon générale, les travaux sur la Politique agricole commune (PAC) visent à en analyser tous les effets, positifs et négatifs, y compris les effets environnementaux, y compris les effets sur les pays tiers. Les chercheurs analysent aussi les diverses propositions « politiques » d’évolution et le cas échéant, proposent des aménagements, voire des réformes, jugées positives en explicitant les critères de cette appréciation positive.

De façon générale, méfions nous des affirmations de portée a priori universelle. L’AB présente des avantages, mais aussi des inconvénients, par exemple en termes de plus grande variabilité des résultats techniques et économiques ou de plus grande consommation d’espace). Conjuguer performances économiques, sociales et environnementale nécessitera plus que vraisemblablement une diversité de réponses et des solutions adaptées à la diversité des conditions physiques, climatiques, sociales ou économiques.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°19
Par AvecGide // samedi 27 février 2010 // 23:47
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Les défis sont si grands qu'il faut essayer de se débarrasser des préjugés et habitudes. Et des idées simplistes. Or les choses sont compliquées. Certains recommandent de limiter la consommation de viande : la production de protéines animales exigent une superficie agricole plus grande que pour les protéines végétales. Mais on voit recommander pour l'agriculture du tiers monde une combinaison plantes-animaux (fertilisation azotée). On voit recommander des herbages et de l'élevage en bordure des rivières pour absorber les crues, etc.
La production économique de la nourriture d'une population en croissance rapide exige de faire feu de tout bois sans exclusive. Par exemple il ne faut pas exclure à priori les OGM, tout en respectant de grandes précautions. Les pays en développement l'ont bien compris (Inde, Chine). Ce qui demande un développement des recherches sur les OGM (et des contrôles) en France, avec notamment des essais en plein champs.

Réponse :Il faut effectivement se méfier des idées simplistes et laisser croire que la solution aux défis alimentaire, environnemental, énergétique, etc. serait simple ne relèverait pas d’une démarche scientifique. Il n’y a pas de solution miracle, unique et universelle. Il est plus que probable que la réponse aux défis mentionnés ci-dessus exigera des solutions diverses, adaptées à la diversité des conditions climatiques, physiques, écologiques, sociales, économiques, etc. Et c’est à ce niveau que se situe la difficulté principale, i.e., concevoir des systèmes et des pratiques agricoles adaptées à cette diversité des milieux (au sens large), loin donc de l’uniformisation. Ainsi, des « solutions » qualifiées d’extensives peuvent se révéler trop fortes consommatrices d’espaces et plus négatives que des alternatives dites intensives en termes d’émissions de GES. Mais l’intensification peut avoir des effets contraires sur la biodiversité… Une des missions de la recherche publique, en l’occurrence ici de l’Inra, est d’analyser les faits et les évolutions dans toutes leurs dimensions, positives (ou du moins jugées comme telles) et négatives (ou du moins jugées comme telles). Sur votre exemple, ne pas reconnaître les effets positifs de l’élevage serait une erreur tout comme ne pas considérer les effets contraires de pratiques d’élevage insuffisamment respectueuses de l’environnement ou de consommations excessives de produits carnés.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°20
Par jozzy-online // dimanche 28 février 2010 // 13:05
Membre de la communauté scientifique (nationale ou internationale) hors INRA

beaucoup appris

Réponse :Merci.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°21
Par simple citoyen // lundi 01 mars 2010 // 14:37
Autre

Bravo à l'INRA pour cette remise en question:
La science ayant depuis longtemps remplacé la religion pour jeter le voile sur les consciences dans notre société moderne. Les seigneurs d'autrefois qui s'appuyaient sur le dogme religieux pour légitimer leurs gouvernances des peuples, sont devenus les industriels et financiers, qui s'appuyent sur le verdict scientifique officiel et incontestable, pour légitimer leur course folle à l'accaparement des biens commun de l'humanité(matières premières, eaux, terres, semences, animaux...)
La science étant indissociable du progrès humain, pourquoi ne pas la soumettre à la conscience collective et populaire, afin qu'elle se libère des pressions et injonctions économiques; qu'elle soit enfin au service de l'humanitude et non du veau d'or.

Réponse :Je ne sais pas si votre commentaire appelait une « réponse ». Juste un commentaire à votre commentaire donc. On pourra juger l’effort insuffisant et trop tardif. Néanmoins, et la présente consultation y contribue, l’INRA a depuis plusieurs années pris diverses initiatives pour disons mieux prendre en compte les attentes de la société (en passant, y compris en termes de développement de recherches spécifiques sur cette question). A titre d’exemple d’une initiative menée dans cet objectif, je vous invite à consulter à l’adresse suivante (http://www.paris.inra.fr/prospective/projets/cap_environnement ) l’expérience dite « CAP environnement » et ses résultats.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°22
Par Denis LAIRON, DR1 INSERM // lundi 01 mars 2010 // 15:55
Membre de la communauté scientifique (nationale ou internationale) hors INRA

Depuis quelques décennies, des alternatives concrètes ont été developpées par les acteurs de l'agriculture biologique ou écologique.Ces systèmes de production, au Nord et encore plus au Sud, ont déjà montré des performances très intéressantes à la croisé de l'agronomie, de la qualité de l'alimentation, de la durabilité des écosystèmes, de la problématique sociale. Il serait donc très opportun de les étudier comme des modèles existants et en progression (beaucoup plus ailleurs qu'en France d'ailleurs) et contribuer à leur développement. De plus, la France importe déjà près de la moitié de ces productions labelisées consommées en France pour satisfaire la demande grandissante des consommateurs, un grave retard à combler.

Réponse :Merci de votre contribution. Oui, il existe déjà des exemples réussis montrant, par exemple, que l’emploi de variétés dites « rustiques » dans le cadre d’itinéraires techniques adaptés peut donner des résultats économiques et environnementaux aussi bons, et même « meilleurs », que des systèmes dits conventionnels. Deux questions demeurent néanmoins, d’une part, la robustesse / sensibilité de ces exemples réussis aux conditions de prix, aux conditions climatiques, etc., et, d’autre part, la généralisation à l’ensemble des productions et à l’ensemble du territoire de ces exemples réussis. Ce sont là deux objectifs de la présente priorité et des questions de recherche correspondantes.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°23
Par Paysans // mardi 02 mars 2010 // 09:45
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Arrêter l'agriculture intensive qui demande d'énormes investissements aux agriculteurs dans l'achat de matériel (hors de prix et subventionné en grande partie) pour produire de la viande et permettre aux jeunes agriculteurs d'avoir accès à la terre, la spéculation foncière doit se combattre fermement.

Faisons confiance aux jeunes et donnons leurs les moyens de cultiver écologique ment.

Je suis persuadé que la culture des OGM n'est pas une solution.

Réponse :Je suis d’accord avec vous pour reconnaître que la question foncière, de l’accès à la terre et du prix de la terre est une question d’ordre un… d’autant plus que des pratiques dites extensives sont plus exigeantes en foncier que des alternatives plus intensives. Cultiver écologiquement (pour reprendre votre expression) exige des recherches et des innovations, celles-ci ne se limitant pas aux biotechnologies qu’il serait pourtant dangereux d’écarter a priori et d’un simple trait de plume. Et biotechnologies et OGMs ne sont pas synonymes. Il n’y a une seule solution de portée universelle pour conjuguer de façon pérenne performances économiques, sociales et environnementales. Ce sont au contraire des solutions qu’il nous faut trouver, adaptées aux conditions locales que celles-ci relèvent du sol, du climat, … ou du social et de l’économie. Telle est l’ambition de la présente priorité.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°24
Par ROBERT // mercredi 03 mars 2010 // 10:54
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Si vous voulez véritablement impulser une rupture, il suffit d'abord d'en avoir le courage. Courage d'affronter la FNSEA et les différentes couches politiques.
Tout d'abord analyser le côté économique en recherchant des mécanismes de régulation et de valorisation à la fois du "bio" et du "toujours plus". On retombe sur l'idée qui a été très mal présentée par la "taxe carbone", à savoir que la seule comparaison possible est entre des "euros" et des "euros". Tant que l'on essaiera de comparer le prix d'une production avec pesticides avec celui d'une production bio, on ne saura pas prendre en compte la valeur sanitaire et environnementale. L'idée d'une taxe (éventuellement très importante), par exemple sur le prix des pesticides, serait à même d'apporter un élément de régulation favorisant les cultures raisonnées.
Autre remarque. Dans mon entourage, les consammateurs, pour la plupart, se disent prêts à consommer du bio, et surtout à rejeter toute trace d'OGM. Hors, l'étiquetage n'est pas assez visible quant à la présence d'OGM: il faudrait une mention écrite en très gros.

Réponse :Organisme de recherche public financé par des fonds publics, l’INRA dialogue et travaille avec l’ensemble des acteurs intéressés par et impliqués dans les trois domaines de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement, les acteurs comprenant la société civile comme on dit maintenant. Je ne suis pas certain que l’affrontement soit la bonne stratégie. En revanche, oui au courage de présenter les résultats des recherches dans toutes leurs dimensions, qu’elles soient positives ou négatives, ou du moins jugées ainsi par tel ou tel acteur au risque de lui « déplaire ».

La monétarisation des « choses » n’est certes pas la panacée. Elle présente néanmoins l’avantage de permettre la comparaison, y compris en donnant une valeur à des éléments, par exemple la protection sanitaire ou celle de l’environnement, qui n’en ont pas spontanément, en dehors d’un marché susceptible de la révéler.

Dernier point, relatif à l’étiquetage. Plusieurs recherches portent sur cette question de l’information et de la transmission efficace de l’information aux usagers et aux consommateurs. On peut partager avec vous l’idée selon laquelle, de façon générale, l’étiquetage informationnel n’est pas encore stabilisé.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°25
Par colette // dimanche 07 mars 2010 // 19:03
Autre

enseignante en agronomie, je m'interroge sur le fait que les systèmes de l'agroforesterie, des semis sous couvert, des systèmes à l'herbe , de l'agriculture biologique en général.... ont tous été creusés par des agriculteurs^eux mêmes et le plus souvent sans aide aucune ni de l'inra ni des chambres d'agriculture. L'INRA comporte bien des chercheurs que ces thèmes interessaient ? qui les a empêché de travailler dans ce sens là et pour quelles raisons ?
oui il faut aider les pionniers de l'agroforesterie , le groupe RAD, le groupe BASE, les GRAB ....et oui félicitations pour ce forum, il faut prendre l'avis de gens d'horizons très différents .

Réponse :Votre jugement n’est-il pas un peu rapide ? Les apports des agriculteurs sur les diverses méthodes et pratiques que vous mentionnez ont été et sont toujours importants. De là, affirmer que le recherche au sens large, i.e., incluant la formation et le développement sous toutes ses formes, est restée disons inactive, il y a un pas que je ne franchirai pas. Certes, vous pouvez considérer que cette action n’a pas été à la hauteur des enjeux et des défis. Et c’est précisément la raison d’être de cette priorité et des questions de recherche correspondantes.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°26
Par Florence Le Gall // jeudi 11 mars 2010 // 13:33
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Il me semble important que la recherche de l'INRA se penche sur:
- l'agriculture biologique et ses performances économiques, sociales et environnementales
- les circuits courts
- les risques des OGM pour la santé et l'environnement
- les moyens d'inciter les agriculteurs à réduire massivement les quantités de pesticides et d'engrais
- l'autonomie alimentaire des élevages, pour arrêter les importations d'aliment du bétail et toutes les nuisances qu'elles entraînent

Réponse :Depuis plus de dix ans maintenant, l'Inra développe un programme de recherche spécifique consacré à l'agriculture biologique. Je vous invite à consulter les résultats et enseignements de la deuxième tranche de ce programme (https://www.inra.fr/ciag/revue_innovations_agronomiques/volume_4_janvier_2009 ). Chaque tranche dure aux alentours de 4 à 5 ans, et nous sommes actuellement à la troisième tranche du programme (les projets de recherche viennent d'être sélectionnés). Par ailleurs, nous participons, en collaboration avec le ministère en charge de l'agriculture, à un réseau européen ayant aussi pour objectif de promouvoir et développer les recherches sur l'agriculture biologique (http://www.coreorganic.org/ ).

Les circuits courts font également l'objet de recherches, notamment au sein du département SAD (http://www.inra.fr/sciences_action_developpement/ ), plus spécifiquement encore au sein de son unité Innovation à Montpellier (http://www1.montpellier.inra.fr/umr-innovation/ ). Je vous invite aussi à consulter les recherches développées au sein des département GAP et EA pour ce qui est de la question relative aux risques environnementaux des OGM (http://www.inra.fr/gap/ et http://www.inra.fr/environnement_agronomie ), et la synthèse de l'étude dite Ecophyto R&D que nous venons de terminer pour le compte du ministère en charge de l'agriculture pour ce qui est de la question disons possibilité de réduction des usages des pesticides (http://www.inra.fr/l_institut/etudes/ecophyto_r_d/ecophyto_r_d_resultats ).

La question de l'autonomie alimentaire augmentée des élevages, sous entendu en termes d'aliments du bétail importés, est plus délicate à résumer (néanmoins, voir le site du département PHASE (http://www.inra.fr/internet/Departements/phase/ ) plus particulièrement de ses unités de Rennes et Clermont-Theix) ; n'oublions pas que si importations il y a, c'est parce que dans les conditions actuelles, au moins certains éleveurs y trouvent un intérêt (aliments du bétail moins onéreux) et par suite, toute limitation des importations aura alors un effet d'augmentation des coûts d'alimentation du bétail, toutes choses égales par ailleurs.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°27
Par Emmanuel // samedi 13 mars 2010 // 18:52
Membre / Représentant d’une association de consommateurs

Vos recherches (et donc notre argent !!) devraient porter par exemple sur les "PNPP" (purins, décoctions et autres...), ou sur des moyens naturels d'augmenter la fertilité des sols et non pas sur des techniques polluantes demandées par des mutlinationales dont le seul but est de faire du pognon.

Respecter la terre et l'environnement devrait être votre cheval de bataille.
Tant qu'il n'y aura pas une réelle indépendance je n'aurais aucune confiance dans un institut scientifique.

Réponse :Il n'est pas facile de répondre à un commentaire tel que celui-ci qui relève essentiellement d'une affirmation / accusation au demeurant fausse et non étayée : sur quelles bases / sources / faits / etc. vous appuyez-vous pour affirmer que l'Inra n'est pas indépendant des multinationales qui par ailleurs demanderaient 'des techniques polluantes' ? Il est bien entendu de votre droit de ne pas avoir confiance dans l'institut scientifique qu'est l'Inra. Il est du mien de trouver vos propos bien excessifs et erronés, en outre bien peu constructifs.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°28
Par Agricultrice // dimanche 14 mars 2010 // 18:56
Acteur / partenaire agricole

Bonjour,
A l'inra vous avez des chercheurs sociologues.
On parle beaucoup des suicides chez france télécom actuellement.
Apparement il n'ya pas de statistiques en france sur le suicide chez les agriculteurs.
J'ai toutefois trouvé un article écrit par un journaliste qui avance le chiffre d'un suicide par jour en france chez les agriculteurs.
Bien sûr dans mon entourage les suicides dont j'ai entendu parler ou que j'ai connu de plus près sont directement en lien avec la situation économique et l'endettement.
On en revient donc à l'aspect économique, à l'insécurité que l'on retrouve par rapport à l'organisation des marchés.
La volonté politique pourrait avoir une responsabilité sur le taux de suicides chez les agriculteurs. Quelle responsabilité pour les GMS ?

Réponse :L'Inra dispose en effet de plusieurs équipes de sociologues réparties dans les deux départements « de sciences économiques, sociales et humaines », soit le département SAE2 (http://www.inra.fr/esr/ ) et le département SAD (http://www.inra.fr/sciences_action_developpement/ ) : certains de ces chercheurs travaillent sur la question du travail en agriculture, sous plusieurs dimensions y compris la dimension disons souffrance au travail (notamment dans les activités d'élevage). A ma connaissance, il n'y a pas de travail de recherche spécifique sur la question du suicide en agriculture et/ou en milieu rural, pas plus que je ne connais les statistiques en ce domaine (peut-être des statistiques sont-elles disponibles sur le site de la Mutualité Sociale Agricole ?).

Si par « responsabilité » des GMS, vous entendez pression possible de la distribution sur les prix agricoles, je vous invite à consulter à nouveau le site web du département SAE2 qui travaille la question générale de la formation des prix et des marges en agriculture - alimentation (voir en particulier les sites web des unités de Toulouse, d'Ivry et de Paris-Grignon de ce département). Pour terminer, m'autorisez-vous à un conseil, celui de la prudence dans les termes choisis quand vous parlez de « responsabilité ».

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°29
Par Françoise T // dimanche 14 mars 2010 // 19:17
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Je souhaite que les crédits de la recherche que je finance avec mes impôts aille à une recherche sur une agriculture biologique, agroforestière, locale, préservant les sols et une véritable biodiversité, excluant toute recherche sur les OGM (que je boycotte et boycotterai toujours avec force), privilégiant la petite paysannerie et non pas les grands lobbies agricoles qui favorisent une agriculture d'exportation préjudiciable aux pays en voie de développement. Les scientifiques doivent apprendre à rester humbles vis à vis de la Nature, savoir l'observer pour comprendre au lieu de croire tout maîtriser, ne pas penser que la science résoudra plus tard les problèmes qu'elle a engendré maintenant, mais savoir renoncer à une idée si on est pas capable de gérer toutes les conséquences ultérieures qu'elle engendre : la patience et l'expérimentation ne doivent pas être soumis à une rentabilité financière immédiate.

Réponse :Difficile de vous répondre en quelques lignes. D'accord avec vous pour affirmer que le scientifique doit rester humble compte tenu de l'immensité de ce que nous ne savons pas. D'ailleurs, les plus grands scientifiques sont toujours, ou presque, les plus humbles. D'accord également avec la nécessité de l'observation, avec la patience et l'expérimentation. Mais je ne vous suis plus quand vous suggérez (et le terme est faible) que la recherche menée à l'Inra privilégie les grands lobbies agricoles et l'agriculture d'exportation... Que les chercheurs de l'Inra (et leur direction !), comme tout à chacun, aient pu commettre des erreurs (je préfère l'expression « faire des mauvais choix » car il faut se replacer dans les contextes du moment) est certain ; qu'ils feront encore des choix qui seront considérés comme mauvais avec le recul du temps est également plus que probable. Mais méfions-nous des affirmations excessivement normatives telles le refus des OGM ou l'emphase exclusive sur l'agriculture biologique, les produits locaux, la petite paysannerie, etc. Hélas, les choses ne sont pas si simples : l'agriculture biologique n'est sans doute pas la solution pour nourrir les plus de 9 milliards d'habitants que comptera la planète en 2050 ; favoriser excessivement les produits locaux peut aussi avoir pour effet de renchérir les coûts d'approvisionnement et d'alimentation (sans compter que nombre de pays en développement auront toujours besoin, et encore plus demain qu'aujourd'hui, des importations pour assurer leur approvisionnement alimentaire ; sur cette question, voir les résultats de la prospective Agrimonde menée conjointement par l'Inra et le Cirad : http://www.inra.fr/l_institut/prospective/agrimonde ; la petite paysannerie (terme au demeurant à préciser) peut aussi être une trappe à pauvreté, etc. Dit autrement, acceptez que l'Inra, organisme public de recherche au service de l'ensemble de la société, soit pluriel toute comme les solutions à développer et mettre en œuvre pour relever les défis agricole, alimentaire, environnemental, énergétique, etc.


Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

PS. Un dernier mot : qui peut prétendre qu'il est possible de gérer de façon exhaustive et certaine tous les conséquences ultérieures d'une action, quelle que soit cette action, menée au temps t ? Quelle que soit cette action, y compris l'immobilisme ?

n°30
Par Anonyme // mardi 16 mars 2010 // 08:39
Acteur / partenaire agricole

Bonjour à tous.
Je suis agriculteur en montagne sèche, bovin viande, quelques porcs en plein air, 50ha de terre labourable dédiées à l'alimentation des animaux, je transforme et vends ma production en direct. je suis pourtant seul à travailler.
Je me convertit en ce moment au semis direct sous couvert permanent et envisage par la suite une convertion en Bio.
Il est trés important de faire de la recherche, l'environement social économique et écologique sont les tois piliers de l'agriculture, et c'est ce à quoi est confronté tous les jours l'agriculteur, c'est même souvent un mélange à l'équilibre hazardeux.
Je suis agréablement surpris que l'inra fasse cette consultation, car j'ai essayé de la contacter à plusieurs reprises sans succés, cependant voici mes propositions:
Commencez par vulgariser et difuser ce que vous savez déjà.
Le système P.A.C. nous à conduit où nous sommes aujourd'hui, Il est dépassé, incohérent et dangereux. A réformer.
Travailler sur le semis direct et les agrosystèmes qui en découle pour limiter voir anuler la nécessité de la chimie et du travail du sol.
Reprendre l'alimentation animale en ne pas oubliant que les vaches sont des ruminants, que les ensilages sont néfastes pour leur santé et les produits qui en découle. c'est un fait...
Revenir à une agriculture plus simple avec moins d'intervention de la main de l'homme, c'est là aujourd'hui que l'on ira chercher les marges, en comprenant et exploitant au mieux les écosystèmes.
Etre plus proches des intéressés (les acteurs de la filière et notament les agriculteurs)
Je veux mettre en place sur mon exploitation un protocole de mesure des résultats, pour la partie économique, temps de travail, temps libre, c'est en place et relativement précis dans le détail, pour la partie analyses (de sol, reliquats azotés, fourrages, céréales, déjections, fumier, composte....) j'ai besoin d'aide. Pouvez vous m'aidez? Je suis prêt à suivre à la lettre vos consignes, et vous laisser libre accés à l'ensemble des données que je collecte, y compris la comptabilité.
Si vous me contacter je pourai vous expliquer plus en détail là où sont mes atentes aujoud'hui, quelles données me manquent pour avancées. malheureusemnt nous sommes obligés de faire nous même nos essais et ça prends du temps, les analyses sont couteuses, et pourquoi recomencer ce que peutêtre d'autres ont déjà fait.
Je pense également que l'expérimentation en ferme sur des systèmes définis, avec des contraintes réelles et banales serai plus représentative.
Quoi qu'il en soit toutes les recherches doivent êtres pluridisciplinaires car l'agriculture est pluridisciplinaire, Sommes nous toujours dans la réalité si on isole partie d'un ensemble?
Sylvain Rigeade
26560 Eygalayes.

Réponse :Merci pour votre message et désolé pour le silence de l'institution à laquelle j'appartiens suite à vos contacts antérieurs. Sans excuser ce silence, celui-ci peut s'expliquer par le fait que votre questionnement (votre besoin d'aide) ne s'adresse pas stricto sensu à la recherche mais au développement. Mais il serait trop facile de se retrancher derrière cet argument pour ne pas, à nouveau, répondre à votre appel. Le plus simple alors est que vous m'envoyez directement un message courriel en expliquant plus longuement et plus précisément qu'en ces quelques lignes votre demande.

Deux points additionnels. (a) Des pratiques plus respectueuses des ressources naturelles et de l'environnement exigent plus que vraisemblablement une « intervention » de l'homme supérieure à celle mise en œuvre dans les systèmes conventionnels, mais une intervention différente basée pour une large part sur l'observation en amont de sorte à n'intervenir réellement que si c'est nécessaire. (b) Oui aux recherches pluridisciplinaires, intégrées et systémiques, tout en maintenant les compétences disciplinaires : dit autrement, il nous faut bâtir sur des compétences disciplinaires fortes des programmes et des projets de recherche associant de façon intégrée plusieurs disciplines, leur complémentarité coordonnée devant être mise au service de la résolution des défis agricole, alimentaire, environnemental, énergétique, etc. C'est un objectif majeur du prochain document d'orientation de l'Inra via le renforcement de la fonction de programmation.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°31
Par Laurence // mercredi 17 mars 2010 // 09:58
Acteur / partenaire agricole

1 en ce qui concerne la performance économique, sociale, et environnementale, travailler avec la nature et non pas contre en est la garantie. Le principal a été écrit par Fukuoka, Holmgren, Mollisson, ect...
Avec le développement des TCS, de l'agro-écologie, de la permaculture, les paysans trouvent les solutions sur le terrain sans vous. Il serait temps que vous sortiez de vos laboratoires, de vos biotechnologies, de vos spécialisations pour vous apercevoir que les semences de population et une prise en compte holistique d'un milieu ne peut se faire que sur le terrain avec les paysans eux-même.
Pour les 6 débats suivant je vous renvois aux mêmes références : Permaculture I et II et la révolution d'un brin de paille.

Sinon je suis extrêmement surprise qu'il n'y ait aucun débat à propos de la transition énergétique. C'est quand même l'enjeu majeur de cette décennie !
Personne ne vous a informé que nous avons passés le pic de production de pétrole (brut) ?
je vous joins le oilwatch de février 2008 de ASPO Nederland, ça vous donnera une idée de l'urgence à travailler sur des systèmes de productions indépendant du pétrole.
N'oubliez pas simple is beautiful. trouver des solutions compliquées ne fait que produire des problèmes encore plus compliqués.

2010_February_Oilwatch_Monthly.pdf

Réponse :Au risque de vous contredire, l'Inra développe depuis longtemps des recherches (au sens large, y compris des expérimentations) en associant directe avec les acteurs, au premier rang desquels les producteurs agricoles. En revanche, je suis d'accord avec vous quand vous insister sur la nécessité d'un focus plus grand sur la question énergétique et dans le cadre de la présente priorité, sur la nécessite de travailler à des pratiques et des systèmes de production plus économes en énergies (fossiles). Ce n'est pas absent des priorités, notamment des priorités 1 et 7. Mais cette question énergétique est sans doute insuffisamment mise en avant.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°32
Par INRA_2014 // lundi 22 mars 2010 // 18:25
Personnel / scientifique de l’INRA

A l’occasion du salon international de l’agriculture 2010, l’INRA a organisé une rencontre avec ses partenaires et prolongé la réflexion sur ses priorités scientifiques. Découvrez les vidéos et les synthèses des ateliers sur http://www.inra2014.fr/salon-international-agriculture.php .

n°33
Par AA // mardi 23 mars 2010 // 10:57
Acteur / partenaire agricole

Le monde agricole a pour mission de nourrir l'ensemble des habitants de notre planète. il est bien évident que des "marchés de niches" existent pour les consommateurs "atypiques et aisées", mais il ne faut pas pour cela exclure l'agriculture conventionnel, et surtout si les filières ouvrent des marchés, il faut arrêter de vouloir imposer des cahiers des charges plus contraignants que ce qu'impose l'europe.
Pourquoi ne pourrait-on pas avoir de la production industrielle BIO? Il y a bien qu'en france où cela pose question (surtout aux BIO 'canal historiques')
Ne nous fermons pas les portes d'évolutions (laissons la R&D s'en juger avoir d'avoir fini les tests...)
Un point primordial a ne pas oublier, les agriculteurs sont des chefs d'entreprises, et le temps de l'agriculture de Grand'papa et Grand'maman est fini, il est grand temps que les jeunes apprennt à gérer et à compter...

Réponse :L'agriculture a certes pour première mission / vocation de nourrir le monde. Cela ne pourra se faire de façon pérenne que si simultanément les pratiques et les systèmes sont respectueux de l'environnement et des ressources naturelles. D'où cette première priorité qui vise à conjuguer performances économiques, sociales et environnementales de l'agriculture. Dans le droit fil de vos remarques, à cette fin, il est plus que probable qu'il n'y a pas une solution unique de portée universelle mais qu'il nous faut (le nous étant l'ensemble de la chaine recherche – développement – conseil – acteurs) mettre au point et développer des solutions multiples adaptées aux caractéristiques locales (physiques, climatiques, agronomiques, économiques, sociales, etc.). Ne fermons aucune porte (pour reprendre votre expression) et mobilisons toutes les sources de progrès, ceux issus de la recherche comme ceux déjà mis en œuvre localement par les acteurs, en premier lieu les producteurs agricoles. Dernier point : je partage avec vous le sentiment qu'un frein au développement de l'agriculture biologique en France aujourd'hui est l'insuffisante structuration des filières de production et de commercialisation, notamment en termes de volumes.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°34
Par Alexia ROUBY // mardi 23 mars 2010 // 19:30
Membre / Représentant d’une organisation non gouvernementale

A l'occasion d'une conférence européenne consacrée aux externalités positives produites par les activités en montagne, nous avons identifié des besoins de recherche importants concernant la quantification des biens publics produits par l'agriculture (combien produit-on, en fonction de quoi, quelle est la demande, quelle est la valeur de ces biens publics...). Il y a un besoin au niveau des biens publics à caractère environnemental bien sûr mais aussi des externalités positives à caractère social. En gros, nous avons besoin de mieux quantifier l'impact socio-économique des activités agricoles sur un territoire. Les recherches doivent chercher, malgré la complexité de ces questions, à produire des méthodes de quantification opérationnelles pour l'élaboration des politiques publiques de rémunération des biens publics.

Réponse :Plusieurs équipes de l'Inra travaillent sur cette question de l'identification, de la mesure et de la valorisation des externalités positives et des biens publics fournis par l'agriculture (notamment, mais pas seulement, au sein des deux départements où sont présents des chercheurs en sciences économiques, sociales et humaines : SAD (http://www.inra.fr/sciences_action_developpement/ ) et SAE2(http://www.inra.fr/esr/ ). Des recherches portent également sur les politiques publiques à développer et mettre en œuvre pour la fourniture 'optimale' (si tant est que ce niveau optimal puisse être défini, mais retenons en première approximation qu'il est le niveau désiré par la société) de ces externalités positives et ces biens publics (règlements de protection, aides directes, création de marchés, etc.). Cette question est par ailleurs un enjeu central de la priorité de recherche numéro 2 développée dans le cadre de la présente consultation.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°35
Par Anonyme // mercredi 24 mars 2010 // 12:38
Personnel / scientifique de l’INRA

L'animal est-il aussi absent des recherches de l'INRA que ce document ne le laisse présumer ? Même la charte graphique ne montre que des silhouettes de feuilles......
Cependant, la question des relations homme-animal dans une société urbanisée et forte consommatrice de viande, mériterait qu’on s’y arrête d'un point de vue d’une approche durable des agro ecosystèmes et d'une alimentation saine. L'INRA a d'ailleurs abordé ces sujets au salon de l'agriculture, montrant bien que les recherches se poursuivent.
Par ailleurs, la question 5 du chantier 5 ne mériterait-elle pas de donner à l’animal modèle une place particulière qui permettrait d’interroger nos relations à l’animal à l’aune de cette relation nouvelle.
N'ayons pas peur d'enrichir un débat aujourd'hui inégal parce que la science n'y est pas suffisamment représentée.

Réponse :L'animal n'est pas absent des priorités dans la mesure où la première priorité, par exemple, vise tous les systèmes de production, aussi bien les cultures que les élevages (et les systèmes mixtes associant cultures et élevage). Dans cette perspective, je vous invite, par exemple, à consulter le programme du GIS (Groupement d'Intérêt Scientifique) dit « élevage demain » que bous venons de signer à l'occasion du dernier Salon International de l'Agriculture avec plusieurs partenaires des filières animales (http://www.inra.fr/presse/signature_gis_elevages_demain ).

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°36
Par Dan // jeudi 25 mars 2010 // 09:33
Acteur / partenaire agricole

Bonjour,
Il me semble que dans vos priorités le critère économique soit encore dominant.

La priorité numéro 1 semble intéressante dans la mesure où elle tient en compte les terroirs d'implantation; et le développement local avec ses spécificités.

Il serait intéressant de développer les recherches sur les moyens de dépolluer les sites, en particulier par les plantes.
Cela pourrait être intégrer en "annexe" de la priorité numéro 2,
d'une part prévenir et d'autre part aider à "guérir".

La priorité numéro 6 me parait très pertinente et indispensable.

Réponse :Les trois axes / cibles du développement durable, soit l'économique, le social et l'environnemental, sont ici à parts égales : aucun ne domine un autre, et aucun n'est dominé par un autre. Nous développons d'ores et déjà des recherches sur le développement local (des territoires ruraux), au sein des deux départements où sont présents des chercheurs en sciences économiques, sociales et humaines (SAD (http://www.inra.fr/sciences_action_developpement/ ) et SAE2 (http://www.inra.fr/esr/ ) ou encore dans le cadre du programme Pour et Sur le Développement Régional (PSDR) menée en collaboration / participation avec les acteurs du développement territorial et les Conseils Régionaux de dix régions administratives (http://www.inra.fr/les_partenariats/recherches_pour_et_sur ).

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°37
Par Anonyme // dimanche 28 mars 2010 // 10:33
Acteur / partenaire agricole

le passage à l'agriculture de conservation me semble inévitable (TCS, SD...). Cependant la transition entre un système "labour" (gourmand en intrants) et ces nouvelles techniques n'est pas toujours facile à gérer pour l'agriculteur. Un soutien technico-économique durant cette période serait vraiment utile (par exemple faciliter l'accès aux semences de couverts végétaux, au matériel spécifique...).
De plus des techniques très déjà démocratisées en grandes cultures ont du mal à se développer dans d'autres secteurs (productions légumières, polyculture...).
Personnellement, je suis à la recherche d'informations sur ces nouvelles techniques et la plupart du temps je tombe sur des sites étrangers.

Réponse :Outre la mise au point de pratiques et de systèmes conjuguant performances économiques, sociales et environnementales, un défi majeur est effectivement de réussir leur diffusion et leur adoption. Dans cette perspective, quelques recherches, encore trop rares, portent sur les déterminants de l'adoption et de la diffusion, y compris dans la dimension politiques publiques à mettre en œuvre pour favoriser cette diffusion et cette adoption. Dans ce contexte, un frein est clairement la question du travail dans la triple dimension conseil en amont, compétences requises et organisation du travail dans les ateliers et sur les exploitations. Nous nous sommes associés à de très nombreux partenaires socio-professionnels dans le cadre de différents Groupements d'intérêt scientifique (GIS PigLeg, GIS grandes cultures à haute performance économique et environnementale, GIS élevage demain, etc.) en inscrivant la dimension que vous pointez du doigt dans les actions à développer (http://www.inra.fr/les_partenariats/collaborations_et_partenaires/monde_agricole_et_rural ).

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°38
Par Anonyme // jeudi 01 avril 2010 // 15:47
Citoyen intéressé par les enjeux de recherche

Que pensez-vous de l'objectif pour l'agriculture de produire mieux avec moins d'intrants alors que si l'on en croit certains avis d'expert, une grande partie de nos sols se sont considérablement appauvris (humus) et déséquilibrés. Ils n'auraient plus vraiment la capacité de produire des plantes saines (tout au moins dans l'aspect), sans le secours de la chimie. Pensez-vous que ce soit une chose (produire mieux avec moins) qui soit sérieusement envisageable ou bien totalement irréaliste et naïve ? Et, si cela peut être envisagé, à quelle échelle de temps ? Car, un sol, s'il doit être rééquilibré, ne peut l'être que sur un bien grand nombre d'année il me semble non ? Et enfin, si cette échelle de temps est vraiment longue, à nouveau, est-ce réaliste ? Car nos échelles de temps, de projets et de financements sont plutôt assez courtes en général. Je suis peut être un peu pessimiste, saurez-vous me rassurer ?
Merci par avance.

Réponse :Je laisse Pierre Stengel, spécialiste du sol, vous répondre dans le détail, mais néanmoins, je vais essayer de vous rassurer (au moins un peu). Que certains sols aient été dégradés, en France, dans l’union européenne comme à l’échelle du monde, est clair. De là, à dire que les sols « n’auraient plus la capacité de produire des plantes saines.. », il y a un pas que je ne franchirai pas. Plus généralement, le défi de la conjugaison des performances économiques, sociales et environnementales inclut, au titre des ressources, le sol et sa protection ; tout comme la priorité 2 qui porte sur la minimisation des risques environnementaux et la maximisation des services éco-systémiques (dont ceux associés au sol / fournis par le sol) rendus par les activités agricoles et forestières.

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA


Les dégradations des sols sont un sujet sérieux et une préoccupation internationale justifiée. Dans notre pays, elles n'atteignent pas cependant un niveau catastrophique, sauf localement, suite à des pollutions industrielles par exemple. Le principal facteur de dégradation actuel est l'artificialisation, liée à l'extension des infrastructures, et estimée à 74 000 ha/an. L'appauvrissement de nos sols agricoles en matière organique est globalement une réalité. Il est historiquement associé dans de nombreuses régions à la diminution des surfaces prairiales et aux labours profonds. Les conséquences en sont bien connues, notamment en termes de détérioration des propriétés physiques et mécaniques. Les techniques de culture permettent d'en maîtriser les impacts sur la production. Il n'existe pas de démonstration scientifique d'une limitation générale de la production causée par la dégradation du sol. La modélisation permet d'estimer, par exemple, les pertes associées aux tassements. La relation entre l'état physique et chimique du sol et les risques sanitaires pour les cultures est moins fondée et certainement non univoque. Quoiqu'il en soit, réduire l'utilisation d'intrants chimiques est une perspective possible. S'agissant des pesticides, l'étude ECOPHYTO R et D de l'INRA a montré que les techniques disponibles autorisent une baisse de leur usage d'environ 30 % associée à une baisse de la production de l'ordre de 5 %. En matière de fertilisation, au-delà de la nécessaire correction des excès, la fourniture des éléments nutritifs détermine le rendement. S'ils ne sont pas apportés par les engrais de synthèse, il faut utiliser des substituts naturels : fixation symbiotique par les légumineuses pour l'azote, effluents d'élevage, minerais phosphatés … C'est la stratégie de l'agriculture biologique. Mais on ne peut pas compter durablement sur la fourniture par le sol, ce qui consiste à exploiter une réserve en l'épuisant. Ainsi, aussi faible qu'aient été ses rendements, l'agriculture traditionnelle avait induit, jusqu'au début du XXe siècle, un état d'épuisement chimique de nos sols que les amendements et la fertilisation ont progressivement corrigé. Pour l'INRA, la gestion durable des ressources en sol est une priorité. Il y consacre des moyens importants pour la recherche et pour le suivi à long terme de leurs qualités. La priorité 2, qui porte sur la minimisation des risques environnementaux et la maximisation des services écosystémiques rendus par les activités agricoles et forestières, confère une place centrale au sol, compte tenu de ses fonctions essentielles vis-à-vis de l'eau, de l'atmosphère et de la biodiversité.

Bien cordialement,

Pierre Stengel
Directeur de Recherche, INRA

n°39
Par DUNOYER // vendredi 02 avril 2010 // 18:39
Membre / Représentant d’une association de défense de la nature/environnement

A propos de ce thème, je souhaite faire 2 remarques :
-1 : l'une sur la disparition dramatique des superficies agricoles et/ou forestières dans notre pays. On dit que l'équivalent de la superficie d'un département disparaît tous les 6 ans du fait de l'urbanisation. C'est peut-être plus un sujet de législation que de recherche. Encore faut-il se poser la question, car le problème est bien là ! A quoi cela sert-il de "mettre sous cloche" quelques territoires et de laisser l'anarchie urbanisante faire son oeuvre partout ailleurs ? Quels paysages laisserons-nous aux générations futures ? Des horreurs, séparées par quelques endroits inaccessibles, vestiges d'un passé trop lointain ? Il ne faut pas sanctuariser à outrance : il faut se battre pour préserver le paysage et la biodiversité ordinaires ! Trouver des moyens harmonoieux de co-existence entre activités humaines et nature.

- 2 : la question des circuits de proximité est importante à développer dans la recherche sur la valorisation des produits agricoles. On peut y voir différents enjeux : consommation énergétique, bilan carbone, restauration ou maintien d'un tissu de PME/TPE dans nos zones rurales. Néanmoins, tout l'enjeu est de faire en sorte que des PME agro-alimentaires parviennent à être rentables, tout en respectant les normes sanitaires d'aujourd'hui (sur lesquelles les législateurs ne reviendront sans doute pas). J'ai le sentiment qu'on ne doit pas "plaquer" à des petits ateliers les recettes très bien mises au point par les différentes personnes compétentes dans des grands ateliers. Il y a sans doute une matière à recherche (certes appliquée, mais on en a besoin !) dans la mise au point de petits outils de transformation modernes, pour qu'ils soient rentables dans notre 21ème siècle.

Réponse :(1) La question foncière, plus précisément la diminution des terres agricoles pour cause d’emprise humaine croissante, est une question importante, objet de recherches, notamment de recherches relevant des sciences économiques, sociales et humaines, visant à en comprendre ses déterminants et les leviers d’action (politiques publiques au sens large, à diverses échelles spatiales) mobilisables pour la contrecarrer. La protection de la biodiversité ou la fourniture de paysages ouverts et diversifiés font aussi l’objet de recherches visant à identifier les phénomènes et les évolutions, à en comprendre les ressorts, et à en mesurer la valeur dans une optique de définition de stratégies privées et de politiques publiques à mettre en œuvre (en termes techniques, recherches portant sur la biodiversité et les paysages appréhendés comme des biens publics / communs).

(2) L’INRA développe également des recherches sur les circuits courts et, de façon plus générale, sur la question de la localisation / délocalisation des activités de production agricole et agro-alimentaire (déterminants de la localisation / délocalisation).

Sur les deux thèmes, je vous invite à consulter les sites web des deux départements SAD (http://www.inra.fr/sciences_action_developpement/ ) et SAE2 (http://www.inra.fr/esr/ ).

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

PS/ De façon plus spécifique, je partage avec vous le fait qu’un frein possible à « la relocalisation » des productions agricoles est (serait) de ne pas tenir compte des freins en aval, notamment au niveau des outils de transformation, les abattoirs en premier lieu.

n°40
Par michael tavernier // samedi 03 avril 2010 // 21:44
Acteur / partenaire agricole

Quand je vois le fiasco généré par écophyto 2018 j'ai malheureusement beaucoup de réserves quant à l'approche économique de l'Inra...
Soyons sérieux les moins 50% en phyto sans compromettre la sécurité sanitaire et quantitative des productions est une gageure...( concrètement à votre dernière conférence sur le sujet vous aviez plus de doutes et de questions que de réelles solutions...)
Les citoyens sont gavés de communication des ayatolahs verts qui agitent le drapeau rouge de leurs peurs...
L'inra n'explique pas à nos citoyens les efforts considérables que les professionnels ont fait,certes nous avons encore à faire mais alimenter la surenchère au lavage toujours plus blanc que blanc ne fait qu'attiser le malaise des agriculteurs..
Soyez vigilants je vous en prie dans toutes vos réflexions n'oubliez pas les conséquences pour les agriculteurs!!!
( beaucoup pensent que l'inra après leur avoir enseigné la productivité désormais les stigmatise autant que notre société civile.....)

Réponse :Je ne peux que vous inviter à lire avec soin les résultats de l’étude Ecophyto R&D menée par l’INRA pour le compte du ministère en charge de l’agriculture (http://www.inra.fr/l_institut/etudes/ecophyto_r_d/ecophyto_r_d_resultats ). Dans cette étude, outre les limites de l’exercice, les chercheurs indiquent clairement qu’une réduction de 50% des pesticides n’est pas possible dans l’état actuel des connaissances, des techniques, des pratiques et des systèmes. Par ailleurs, notre objectif n’est pas de « laver plus blanc que blanc » ou « d’alimenter la surenchère » (pour reprendre vos expressions) : il est de travailler à la mise au point et la diffusion de systèmes et de pratiques agricoles qui conjuguent performances économiques, sociales et environnementales (et donc, nous n’oublions pas, bien au contraire, « les conséquences pour les agriculteurs »).

Bien cordialement

Hervé Guyomard
Directeur scientifique Agriculture, INRA

n°41
Par Terre d'Abeilles // jeudi 08 avril 2010 // 22:57
Membre / Représentant d’une organisation non gouvernementale

TERRE D’ABEILLES (ONG) préconise à l’INRA :

• D’orienter ses programmes de recherche en toute indépendance, en faveur d’une agriculture durable, respectueuse de la santé humaine et animale et de l’environnement. La sécurité alimentaire, sanitaire et environnementale devant être sa priorité, au détriment de toute autre considération.

• De développer des programmes ambitieux et pertinents visant à inverser la tendance et éviter l’usage de la technologie agro-chimique - contraire à toute notion d’agriculture durable, en faveur :

- De l’agriculture biologique
- De méthodes de culture alternatives, rotation des cultures, privilégiant la lutte intégrée, la chimie verte, etc…
- Du développement de cultures mieux adaptées à nos territoires, moins consommatrices d’eau, d’intrants, etc…

- Et de la réintégration des abeilles en tant qu’auxiliaires naturels et irremplaçables des cultures…

Ce, dans l’intérêt économique des agriculteurs (impact des abeilles sur l’économie agricole : > 30% du CA. Pollinisation = augmentation des rendements et amélioration de la qualité de bon nombre de productions : fruits – légumes – oléagineux – protéagineux …), et en faveur de la restauration de la biodiversité.

En pièce-jointe : l’ensemble des préconisations de Terre d’Abeilles

Nous saluons l’initiative d’ouverture de l’INRA et proposons à Mme Marion GUILLOU et M. Hervé GUYOMARD d’envisager conjointement une rencontre avec les représentants de l’INRA et des apidologues et scientifiques spécialistes de l’abeille, afin de pouvoir présenter plus concrètement nos propositions.

Béatrice Robrolle-Mary,
Présidente de TERRE D’ABEILLES

Asso. loi 1901 déclarée d’intérêt Général
Actrice du Grenelle de l’Environnement et auteure du dossier, co-signé par la Fondation Nicolas Hulot : « Stopper le déclin de l’entomofaune pollinisatrice et mettre en œuvre un plan de relance de l’apiculture » www.sauvonslesabeilles.com

INRA-TERRE-D-ABEILLES-08-04-10.pdf
n°42
Par Anonyme // vendredi 09 avril 2010 // 13:06
Personnel / scientifique de l’INRA

Orienter les recherches en agriculture biologique où la demande est croissante au niveau des consommateurs mais où il manque de producteurs. Contribuer à une formation et aide pour les futures producteurs qui sont confrontés au problème de la disponibilité des bonnes terres arables et bien irriguées, de plus en plus en concurrence avec les terrains constructibles. Inciter de nouveaux producteurs à s'installer par ces aides, pourquoi pas même des agents INRA désireux de se lancer dans cette expérience.

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